J’ai regardé ce matin “The Boys in the Band”, un film que j’ai envie de voir depuis… 15 ans. Depuis qu’en 1997 j’ai vu “The Celluloid Closet”, le documentaire de Rob Epstein et Jeffrey Friedman consacré à la représentation de l’homosexualité dans les films hollywoodiens.

Un documentaire à voir absolument. Il date de 1996, ce qui n’est pas très vieux, mais depuis, le nombre de personnages homosexuels dans les films et dans les séries a explosé. 1996, ce n’est que 3 ans après “Philadelphia”, c’est l’année de “Beautiful thing”.

Dans “The Celluloid Closet”, le film “The boys in the band”, qui date de 1970, est présenté comme une étape majeure dans l’histoire de l’homosexualité dans les films : “Enfin Hollywood fit un film qui montrait des homosexuels se penchant sur leurs propres vies. Et ils survivraient tous à la fin !”

Avant d’être un film, “The boys in the band” fut une pièce de théâtre. Quand Mart Crowley parla autour de lui de son idée, à la fin des années 60, personne ne pensait que la pièce se monterait avec un tel sujet. Et il ne devait y avoir que cinq représentations. Il y en eu très exactement 1001. Mart Crowley reçut d’Hollywood une proposition pour en faire un film, il refusa, pour mieux pouvoir imposer que les comédiens de la pièce soient tous dans le film.

Sur les 9 acteurs, 6 sont décédés dont 5 de maladie liée au SIDA. Parmi eux, Robert La Tourneaux, qui a le plus petit rôle, celui d’un prostitué, cadeau du personnage qui fête son anniversaire, et le plus jeune puisqu’il avait 23 ans quand la pièce a été montée.

Ouvertement gay, il estimait que son rôle avait empêché sa carrière de décoller. “Boys in the band fut pour moi le baiser de la mort” disait-il.

La Tourneaux finit par poser nu pour des magazines gays, par se prostituer, balançant dans une interview les noms de ses clients célèbres.

Le film “The boys in the band” est disponible en DVD sous-titré en français, ou sur Youtube. Le documentaire des bonus, réalisé apr le Français est dispo (VO non sous-titrée) ici.

Sympa cette vidéo de promo de la GoPro…

Mais je vais décliner la proposition !

J’ai pas mal de séries en retard, mais aucune qui me motive vraiment pour rattraper le retard en question. J’ai donc cherché de nouvelles séries, et j’ai bien accroché sur “The Following”.

Kevin Bacon incarne un ancien agent du FBI qui doit reprendre du service suite à l’évasion d’un serial killer qu’il avait arrêté. J’ai avalé les 5 premiers épisodes en 24 heures.

Quelques garçons sympathiques à regarder dans la série, ce qui ne gâche rien.

Shawn Ashmore, qu’on a découvert à 21 ans dans le premier X Men (il y joue le rôle de Bobby Drake, alias Iceberg) que qu’on a vu aussi ans deux épisodes de Smallville.

Nico Tortorella et Adan Canto, qui jouent un couple :

Il est fort intéressant de comparer les votes à l’Assemblée nationale, en nombre de voix et en pourcentages, sur les trois grandes réformes sur les droits des homosexuels : dépénalisation des relations homosexuelles avec mineur de plus de 15 ans en 1981-1982, Pacs en 1999 et mariage et adoption en 2013.

Dépénalisation 1981 : 327 voix pour (68 %) pour, 155 voix contre (32 %)
PaCS 1999 : 315 voix pour (56 %), 249 voix contre (46 %)
Mariage et adoption 2013 : 329 voix pour (59 %), 229 voix contre (41 %)

En 30 ans, seuls 9 députés de droite ont voté pour les droits des gays et lesbiennes : Aucun en 1981, Roselyne Bachelot (RPR) et Gérard Grignon (UDF) en 1999 pour le Pacs, et en 2013, 4 UDI (Philippe Gomès, Yves Jégo, Jean-Christophe Lagarde, Sonia Lagarde), et 2 UMP (Franck Riester et Benoist Apparu). Comptons aussi Jean-Louis Borloo qui a voté contre mais a fait indiquer au compte-rendu qu’il avait voulu voter pour.

Le progrès à droite est lent mais existe :

1981 : 0 Pour, 1 abstention (le RPR Claude-Gérard Marcus)
1999 : 2 Pour, 3 abstentions (Philippe Séguin, Alain Madelin, Jean-Louis Borloo)
2013 : 7 Pour, 5 abstentions (Nicole Ameline, NKM, Pierre Lellouche, Bruno Le Maire, Edouard Philippe).

Notons aussi, à gauche :

1981 : 1 contre en 1981 (Duraffour)
1999 : 1 contre (Alfred Marie-Jeanne) et 1 abstention (Jacques Desallangre)
2013 : 10 contre (4 PS : Bernadette Laclais, Jérôme Lambert, Patrick Lebreton, Gabrielle Louis-Carabin, 2 RRDP : Ary Chalus et Thierry Robert, 4 GDR : Bruno Nestor-Azérot, Alfred Marie-Jeanne, Patrice Carvalho, Jean-Philippe Nilor) et 5 abstentions (PS : Ibrahim Aboubacar, Marie-François Bechtel, Jean-Luc Laurent, Jean-Philippe Mallé, Dominique Potier).

Il n’est pas dégueu Robbie Rogers, le footeux de 25 ans qui vient de faire son coming-out…



C’est le 1er février au soir que je me suis rendu compte à quelle point la blessure était vive. J’étais au resto avec un ami, hétéro, gay-friendly, catho, famille versaillaise.

Quelque temps avant, je lui avais proposé de venir manifester, il m’avait répondu : “Mais tu sais, moi je ne sais pas encore si je suis favorable à cette loi ! Pour le mariage, pas de problème, mais pour l’adoption, je dois prendre le temps de me pencher sur la question !” Au moins, il n’opposait pas un NON dogmatique à l’adoption, il voulait en savoir plus. Je n’avais finalement pas relancé mon invitation à la manif, par peur qu’un non ne me blesse trop.

Ce soir là, donc, nous discutions du mariage et de l’adoption, et j’ai voulu lui lire le billet de James et les Hologrammes. J’ai pris mon iphone et j’ai lu “Humiliation”. Plus je lisais, plus je sentais que ma voix se casser et les larmes me monter au yeux. Je me suis même demandé si j’arriverais à le lire jusqu’au bout, ou si ma voix se briserait avant.

J’avais les yeux rivés sur l’iphone, je ne pouvais donc pas voir ses réactions. Je ne sais pas s’il a entendu que ma voix tremblait. Je ne sais pas s’il a vu, quand j’ai relevé la tête à la fin de ma lecture, les larmes dans mes yeux. je ne sais pas s’il a compris mon trouble et mon émotion.

Ce billet m’avait touché à la première lecture, mais j’ai été surpris d’être ému à ce point en le lisant. Sans doute que le dire à voix haute rend plus forts encore les mots. Pourtant, je ne me sens pas *directement* concerné par ce que raconte ce post. Je n’ai jamais *vraiment* connu d’homophobie à l’école, au collège ou au lycée. Certains ont sans doute deviné que j’étais différent, mais je n’ai pas souvenir qu’ils me l’aient explicitement lancé à la gueule. Implicitement, parfois, sans doute, mais pas au point d’en garder un souvenir un quart de siècle plus tard.

Malgré ça, comme tous les jeunes homos, pendant tout mon adolescence et le début de ma vie d’adulte, j’ai dû cacher mon orientation sexuelle, subir l’homophobie de la société, les blagues sur les pédés, l’hétérocentrisme, en encaissant sans rien dire.

Cette période est finie depuis longtemps. Depuis maintenant plus de quinze ans que j’assume pleinement mon homosexualité, j’ai fait mon coming-out, au point de travailler dans une entreprise gay, et d’apparaître dans pas mal de médias, presse écrire, Web, radio et télé, comme gay assumé.

Et pourtant, depuis quelques mois, j’ai le désagréable sentiment d’un voyage dans le passé. Le climat est si dur, les mots si violents, que j’ai parfois l’impression que la carapace que je me suis construite a disparu, et que je suis à nouveau l’adolescent gay insecure par rapport à l’homophobie ambiante. En lisant ce qu’écrivent d’autres pédéblogueurs, j’ai constaté que je n’étais pas le seul à ressentir cela, mais ça ne rassure qu’à moitié.

Plusieurs amis m’ont dit : “Ne t’inquiète pas, la loi passera, ne prends pas ça trop à coeur, les anti se lasseront, les propos homophobes s’arrêteront !” Si, j’ai été inquiet sur le devenir de la loi, tant ceux qui mènent la barque ont souvent donné l’impression de ne pas savoir tenir un cap et d’être capable d’en changer en cas de gros temps. Je le suis moins depuis le vote à l’Assemblée nationale, mais je reste vigilant.

Si, je prends à coeur, car comment faire autrement ? A moins de vivre dans une grotte, on ne peut éviter les attaques des anti, leur agressivité, leur volonté de nous laisser en marge de la société, leur propos immondes qu’on ne peut que qualifier d’homophobes. En suivant de près les débats à l’Assemblée, je me suis certes exposé à la logorrhée homophobe de la droite, mais, alors que l’Histoire s’écrit sous nos yeux, comment s’en tenir écarté ? Comment ne pas écouter, en direct, les merveilleuses prises de paroles de Christiane Taubira, de Dominique Bertinotti, d’Erwann Binet, de Marie-Chantal Clergeau, de Jean-Jacques Urvoas, de Sergio Coronado, de Bernard Roman, de Marie-Georges Buffet, de Corinne Narassiguin ?

Les anti se lasseront, oui, mais pas avant que la loi soit définitivement promulguée, et les semaines vont être longues. Les propos homophobes, eux, ne s’arrêteront pas. Car ce débat aura révélé qu’en 2013, une large minorité de Français est homophobe. Je sais que beaucoup, parmi les anti-mariage pour tous, réfutent ce terme et s’offusquent qu’on les traite d’homophobes. Et je veux bien croire que la majorité pense sincèrement ne pas l’être. Mais ils ont une définition par trop étroite de l’homophobie. Pour eux, l’homophobe, c’est celui qui crie “Sale pédé”, c’est ceux qui tabassent les homos.

Eux ne sont pas comme ça. Ils aiment bien les homos, ils ont même des amis gays, ils sont pour le Pacs, ils sont même pour des droits renforcés, et d’ailleurs, c’est une bonne idée, cette alliance civile, pourquoi tu veux absolument le mariage ? Le mariage, tu comprends, c’est une institution, ça a toujours été un homme et une femme, on ne peut pas bouleverser ça. Ils ne sont pas homophobes, mais… Mais ils ne veulent pas du mariage, mais ils ne veulent pas de l’adoption, ils aiment bien les homos mais ce serait quand même mieux s’ils évitaient de se tenir par la main et de s’embrasser dans la rue… pour les enfants, tu comprends…

Ce que révèle ce débat, c’est que tous ces gens, qui ne pensent pas être homophobes, le sont pourtant. Quand on est contre l’égalité des droits pour les blancs et les noirs, on est raciste. Quand on est contre l’égalité des droits pour les hommes et les femmes, on est sexiste. Quand on est contre l’égalité des droits pour les homos et les hétéros, on est homophobe. C’est aussi simple que ça. Vous êtes homophobes, et je comprends que ça vous fasse chier, mais il faut assumer. Comme l’écrivait Vinsh en octobre dernier : “Il y a un moment où il faut assumer le fait que l’homosexualité continue à vous gêner aux entournures, les gars.”

Beaucoup, beaucoup de Français sont en réalité mal à l’aise avec l’homosexualité, à commencer par les opposants au mariage et à l’adoption pour les homos. Eux qui ne cessent de glorifier l’altérité (qui n’est qu’un mot savant pour “différence”), n’acceptent pas la différence, qu’elle soit d’orientation sexuelle, de couleur de peau, de religion, de culture.

Ils ont peur de cette différence, et c’est bien cette peur qui crée l’homo-phobie. Je ne leur reproche pas cette peur, elle est humaine, ou plutôt, elle est animale. Tout animal a peur de ce qu’il ne connait pas. L’ignorance engendre la peur, et la peur engendre le rejet et la haine. Cette peur de ceux qui nous sont différents est en chacun de nous. Mais ce qui fait la différence entre l’animal et l’humain, c’est la raison, qui peut, qui doit nous pousser à dépasser cette peur de l’autre, à surmonter les différences pour vivre ensemble. C’est un combat quotidien. Ce que je leur reproche, c’est de ne pas mener ce combat, c’est de se laisser aller à leur peurs animales.

Et je reproche aussi à beaucoup d’hétéros de ne pas comprendre que le combat pour l’Egalité n’est pas que celui des gays et des lesbiennes mais qu’il concerne tout le monde. Tout comme Matoo, “je voudrais que les voix s’élèvent un peu plus clairement pour l’égalité et pour le mariage pour tous. Celles de mes amis, de ma famille et tous mes proches, car on sent bien les réticences ou du moins une neutralité et des prises de positions faiblardes”.

J’étais tellement persuadé de la justesse de cette réforme, sûr que son temps était venu, que je pensais qu’elle passerait facilement. Comme j’étais naïf ! Depuis plusieurs mois, le climat est dur pour les homos. Et pendant de longues semaines, on n’a pas beaucoup entendu les politiques pro-mariage. Il a fallu attendre le début des débats à l’Assemblée nationale pour entendre des députés défendre, fortement, avec passion, l’égalité des droits. Le vote du texte en première lecture à l’Assemblée n’a pas amoindri la motivation des partisans de la Manif pour tous (pour tous les homophobes), qui ont déposé, ce matin même, leurs 700 000 pétitions au CESE (totalement inutile, ça n’aura aucun impact sur la procédure législative).

Ce jour aussi, on apprenait que le “Subway” d’Angers avait proposé une promo homophobe pour la Saint-Valentin (réservée aux couples hétéros), et ce matin, le centre LGBT de Bordeaux a été attaqué par des homophobes. Ca continue, et ça continuera jusqu’à la décision du Conseil constitutionnel.

Il faut donc serrer les dents et continuer à affronter ce tsunami d’homophobie qui nous submerge et nous renvoie, nous les gays adultes qui se croyaient blindés contre les homophobes, aux ados mal assurés que nous étions voici quelques années. Ce sentiment que nous ressentons à cause de tous ces connards, je ne le leur pardonnerai pas.

J’apprends aujourd’hui, via Yagg et Têtu, le décès de Jean Le Bitoux. Le nom ne dira sans doute rien à beaucoup de gays (et c’est d’ailleurs dommage que tant d’homos aient une si faible connaissance de ce qui constitue leur histoire).

Jean Le Bitoux était un militant homosexuel. Il a participé aux Groupes de Libération Homosexuelle, a été journaliste à Libération, a fondé le célèbre magazine “Gai Pied”, a participé à l’aventure de AIDES, et s’est battu pour la reconnaissance de la déportation homosexuelle.

En 2002, je l’avais rencontré et interviewé. Voici deux extraits de cette interview, que vous pouvez aussi lire dans son intégralité.

A lire ou relire aussi, plusieurs de mes billets au sujet de Pierre Seel, qu’évoque Jean Le Bitoux dans l’interview : Pierre Seel est mort, L’adieu à Pierre (le récit des obsèques, auxquelles je m’étais rendu), et mon billet sur le film “Un amour à taire”.

Extraits de mon interview de Jean Le Bitoux d’avril 2002, peu après la parution d’un rapport d’historiens qui indiquait qu’au moins 200 Français avaient été déportés pour homosexualité.

Comment Pierre Seel, qui était officiellement le seul déporté homosexuel français, a-t-il réagi à la publication du rapport ?

Pierre a d’abord été terrifié par le chiffre. On en parlait souvent tous les deux, du chiffre, et on pensait à 20, 30, ou 40 déportés homosexuels… On ne se rendait pas compte. Là on est sur 210 personnes uniquement pour l’Alsace.

Il a été terrifié que sa vérité (on a trouvé son nom sur la liste) soit celle de tant de personnes. Je lui ai dit que le ministre lui-même pensait que les chiffres étaient beaucoup plus importants. Donc on va continuer à fouiller dans les archives, avec trois historiens.

Seul, Pierre avait parlé, en mémoire de son amour, mort dans le camp, c’était ça qui le motivait. Il a été ému d’apprendre que son drame avait été multiplié par 100, par 200… Il était très ému de toutes ces souffrances disparues.

Sur les 210 déportés homosexuels français, il doit rester deux ou trois survivants, mais il y a un phénomène d’âge. Pierre a été raflé à 18 ans, aujourd’hui il en a 78. Il était le plus jeune du camp de Schirmeck (il était mineur, d’ailleurs, à l’époque).

Il a été très ému, parce que pour lui, c’était une preuve. Parce que quand on a commencé à écrire son livre, beaucoup de gens nous disaient que c’était du pipeau, que Pierre était un mythomane, qu’il n’y a jamais eu de déportation homosexuelle… Il y avait un déni très fort.

Il faut remercier Pierre de son courage immense, parce que sans lui, on n’en serait pas là.

Comment jugez-vous le regard de la communauté gay sur la déportation des homosexuels, et comment votre livre va-t-il aider à mieux la connaître ?

Je pense que le livre va permettre de comprendre ce qu’est l’homophobie la plus extrême. Il y a pire que d’être insulté ou bousculé ! C’est être convoqué au commissariat et ne jamais en ressortir, être torturé pour donner la liste de ses amis homosexuels… Je voudrais que la communauté gay et lesbienne se rende compte que cette haine est toujours autour de nous.
Même si on a remporté des victoires au niveau de l’Assemblée nationale, même si on aura bientôt une loi contre l’homophobie, on n’empêchera pas certains de penser ce qu’ils pensent. Il y a encore beaucoup d’antisémites en France, même si les lois les empêchent d’exprimer leur haine sociale. Je pense que pour les homosexuels, c’est pareil.

Les gens ont décidé d’être tolérants mais la tolérance, c’est une chose très superficielle, et dès que le vent tourne, la tolérance n’est plus là, et on repasse tout de suite dans l’intolérance.

Il faudrait que la jeune génération réalise qu’on n’est pas sorti de la haine sociale, et que cette haine peut revenir, surtout lorsqu’on il y a une grande visibilité gay. Ca fait évoluer certains, mais ça ne fait pas avancer ceux qui ont des problèmes avec leur propre homosexualité, et qui ne supportent pas cette visibilité homosexuelle.

Donc méfions-nous, restons vigilants. Le cauchemar peut revenir facilement. Et souvenons-nous de Berlin dans les années 30, où la situation était très semblable à la situation à Paris aujourd’hui.

Ca n’a pas empêché Hitler, en deux mois, de fermer les lieux gays, de tabasser les homosexuels, de les convoquer, de les torturer, de brûler les bibliothèques, de dissoudre les associations, d’instaurer un couvre-feu le soir… et les homosexuels sont rentrés chez eux - quand ils n’avaient pas été raflés - en vivant dans la peur pendant toute la guerre.

Lire l’intégralité de cette interview.

Un article de la Voix du Nord évoquait mardi l’habillage en rose d’une statue de Jean d’Arc ainsi que la réaction d’associations LGBT estimant que cette action donne une mauvaise image de l’homosexualité.

J’ai bien aimé la réponse de l’association “Les Flamands Roses” :

Cela est évidemment absurde : qu’est-ce qu’une bonne image de l’homosexualité ? Une homosexualité hétérosexuelle peut-être ? Et qui décide de la bonne ou de la mauvaise image ? Nos parents, nos psychiatres, nos juges, nos policiers, nos législateurs, nos gouvernants ?

Soyons sérieuxSES alors : nous, les homos et les trans, avons de toute façon une mauvaise image dans cette société globalement homophobe et transphobe. Nous luttons pour changer cette société et nous n’avons que faire de donner une bonne image de nous-mêmes.

(…)

Notre dignité et notre légitimité politique et militante se situent dans notre humanité ainsi que dans notre volonté de vivre heureuxSES et libres, capables de nous exprimer. Nous n’apporterons aucune aide à des homos ou à des trans dont le projet ne se résume pour nous qu’au pur et simple maintien de l’ordre hétérocrate.

Via mon pote Embruns, je suis tombé sur cet amusant dialogue.

Le contexte : un jeune homme en besogne un autre dans un cimetière, quand un vampire sort d’une tombe :

— Tu vois Johann, je t’avais dit que tu étais une brute. Tu y vas tellement violemment que tu réveilles les morts ! J’ai le derrière sensible, moi.
— Moi, une brute ? Mais je suis la douceur incarnée !

Quelque peu déstabilisé, le mort remballa ses incisives et manifesta son impatience.

— Euh, excusez-moi si je m’immisce, mais je suis un vampire, vous êtes censés avoir peur. Allez, faites au moins semblant de fuir, sans l’adrénaline, votre sang n’aura pas bon goût !

Les deux amants éclatèrent de rire.

— Un vampire ? Mais tu es resté combien de temps là-dessous ? Mon pauvre, tu retardes grave. Les vampires ne font plus peur à personne, de nos jours. Tout le monde les trouve sympa, on ne compte plus les jeunes filles qui en tombent amoureuses, on en fait même des séries télé et des films pour adolescents !
— Hein ?
— Eh oui. Tu es complètement has been, il va falloir t’y faire. De nos jours, ce qui fait peur, ce sont les gens comme nous.
— Les gens comme vous ?
— Les pédés. C’est terrible, un pédé.
— Sûrement pas aussi terrible qu’un vampire qui suce la sève vitale des jeunes gens innocent !
— T’inquiète pas, nous aussi nous suçons la sève vitale, chéri.
— Et nous nous multiplions, ceux que nous avons pris deviennent vampires à leur tour !
— Pareil. Je t’assure qu’après que j’ai sucé un jeune garçon innocent, il jette sa copine et il devient pédé.
— Et nous sommes des créatures de la nuit !
— Tu crois qu’on est quoi, nous ? Tu as déjà vu beaucoup de mecs s’enculer dans les cimetières en plein jour ? Et puis Le Dépôt, c’est pas dans la journée qu’il fait son chiffre d’affaire…
— Bon sang mais tremblez, je suis envoyé par le Diable, je défie la parole divine, j’effraie les bon chrétiens !
— Ouais, on s’y connaît également pour tout ça aussi.

Lire l’intégralité du billet sur le blog Ad Virgilium.


On pourrait se penser dans un des ex-pays de l’Est où les Gay Pride se font attaquer par des homophobes extrémistes.

Et pourtant, on est en plein coeur de Paris, en février 2010…

Il y a même (au moins) une fille. Zoomons sur ce visage de la haine homophobe, qui éructe “Allez faire ça chez vous !” :

L’autre soir, je vais dîner chez mon pote José, et après avoir mangé, on décide de regarder quelques courts métrages. On sort donc sa collection de DVD “Courts mais gays”, et on fait notre choix.

Un de ceux qu’on regarde, dès la première minute, nous dit quelque chose. C’est quasiment la même histoire qu’un long métrage qu’on est allés voir ensemble peu de temps avant au festival de films gays et lesbiens de Paris. Et finalement, on réalise que ce n’est pas *quasiment* La même histoire, c’est exactement la même, et c’est le même réalisateur, Tom Gustafson.

Il a d’abord réalisé en 2003 le court métrage musical “Fairies”, avec James McKay, dont voici l’affiche et la bande-annonce :




Puis, en 2008, il en fait un long métrage, “Were the world mine”, qui est sorti ce mercredi sur les écrans français (uniquement à Paris, et seulement dans deux salles). Affiche, bande annonce et extrait :





Ce sont deux très jolis films, basés sur “Songe d’une nuit d’été”, plein de féérie (et de choupis, ce qui ne gâche rien).

Et pour le plaisir des yeux, quelques photos tirées de “Were the world mine” :


Et pour finir, une photo au naturel de l’acteur principal, Tanner Cohen, qui est le leader d’un groupe musical, et qui est gay également à la ville :



Une chtite interview du réalisateur et des deux principaux acteurs, réalisée pendant un festival du film gay aux Etats-Unis :




Sur la page YouTube de la maison de production, un making of, en trois parties. La première et la troisième n’ont vraiment aucun intérêt (à part peut-être la fin de la troisième où l’ont voit quelques uns des acteurs qui jouent les jeunes sportifs répéter un bout de chorégraphie). Voici la deuxième partie, où l’on voit Tanner Cohen chanter pendant les répétitions :




Et enfin, quelques uns des morceaux musicaux du film, en commençant par le titre principal, interprété par Tanner Cohen :







Deux émissions télé étaient consacrées en partie, dimanche et lundi dernier, à l’homphobie. Pour ceux qui les ont ratées (comme moi), on peut les visionner sur le Net :

M6, émission « 66 minutes » du 10 janvier, reportage « Un homo dans la cité » :

France 5, le Magazine de la Santé du 11 janvier (le reportage commence à la 34ème minute).

Dans la première, un témoignage très fort de Brahim, que j’ai eu l’occasion de rencontrer quand j’ai été interviewé sur Homo Micro voici quelques années.

Il n’est pas inintéressant de se plonger dans le compte-rendu des débats au Sénat sur la proposition de loi qui proposait des améliorations au Pacs (et notamment sa signature en mairie) et qui a été rejetée. En voici quelques extraits :

M. Jean-Marie Bockel, secrétaire d’État à la justice : “Il m’apparaît difficile de confier cette tâche aux mairies. Le Gouvernement doit être à l’écoute des élus ; l’Association des maires de France a exprimé les réticences des communes à accepter cette tâche supplémentaire, essentiellement pour des raisons de moyens. (Mme Nicole Borvo Cohen-Seat s’esclaffe ; exclamations à gauche) Je ne vous oppose pas un rejet de principe, mais la réflexion doit se poursuivre. Toute précipitation serait contre-productive, et les auteurs de la proposition de loi seraient les premiers à protester contre ce transfert de charge !”

(…)

Mme Catherine Tasca (PS) : (un peu plus tard, mais en réaction à cette réflexion) : “C’est une plaisanterie !”

(Si c’est en effet la seule raison pour s’y opposer, c’est un peu léger…)

Mme Nicole Bonnefoy (PS) : “De nombreux maires, de tout bord politique, ont déjà conclu des Pacs et ont demandé que cette pratique soit généralisée. Avec la réforme de la carte judiciaire, l’argument de la surcharge matérielle vaut aussi pour les tribunaux d’instance. Comment pourront-ils demain conclure 200 000 Pacs par an ? La mairie est le lieu le plus accessible et le plus proche du citoyen. Nous nous battons depuis dix ans pour que le Pacs soit reconnu comme une forme d’union à part entière. Alors pourquoi un acte aussi important ne pourrait-il pas être conclu à la mairie, lieu où sont déclarés tous les actes importants de la vie ?”

(…)

M. Patrice Gélard (UMP) : “94 % des pacsés sont hétérosexuels et la majorité ne souhaite pas passer devant M. le maire. Imposer cette cérémonie irait donc à l’encontre de la volonté de la majorité.”

(J’aimerais bien savoir d’où sort cette statistique…)

(…)

M. Jean-Pierre Michel (PS) : “Aujourd’hui, j’ai entendu de belles paroles, mais c’était le bal des hypocrites. Vos discours - ceux de Mmes Dini et Escoffier- ne tiennent pas la route. Ils sont totalement incohérents : ne dites pas que ce n’est pas le moment !”

Le clip des jeunes UMP est assez… particulier. Qu’on le trouve “dégoulinant de bêtise”, comme Luc Ferry, ou qu’on pense que c’est “le plus beau cadeau qu’on puisse faire à la France en cette période de Noël”, comme Benjamin Lancar, patron des Jeunes Pop, il ne laisse pas indifférent (plus de 400 000 visionnages en 4 jours).



Vinvin a réagi à cette vidéo :



En regardant les premières secondes de la vidéo de Vinvin, j’ai cru qu’il allait nous faire un hommage au phénomène autour de “2 girls 1 cup”, qui a provoqué des milliers de vidéos sur lesquelles les internautes montraient leur réaction au visionnage de la fameuse vidéo. Ci-dessous, un des meilleurs exemples (un des plus rigolos à mon goût)




Et dans le genre délirant, on a aussi celle-ci :




En fait, non, Vinvin arrête vite de faire des grimaces pour donner vocalement son avis sur le clip de l’UMP, mais il a dû y penser quand même, puisqu’il évoque “2 girls 1 cup” dans sa vidéo. Mais je trouve l’idée sympa. Je n’ai pas trop le temps de le faire moi-même, mais je me dis que ce serait rigolo de lancer un buzz en se filmant en train de regarder le clip, et en postant la vidéo sur Youtube ou Dailymotion ou autre.

Si vous le faites, n’hésitez pas à me prévenir pour que j’ajoute un lien vers votre vidéo sur ce post !

Hier soir, je suis allé voir Twilight 2. Ca se regarde bien, les effets spéciaux avec les loups garous sont sympas.

Et surtout, ce Taylor Lautner, pfff… :-)



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