Michel et moi
Michel Giraud est un des 47 prévenus du procès des marchés publics d’Ile-de-France. Il fut le premier président de la région Ile-de-France, à partir de 1976, et le fut jusqu’en 1996, à l’exception de quelques années de parenthèse.
En 1984, je rentrais au collège. A cette occasion, la mairie m’offrit un joli atlas. Au tout début de ce livre, une page avait été habilement insérée. En haut de cette page, au milieu, les mots “République Française ; Liberté - Egalité - Fraternité ; Ville du Perreux sur Marne”. En haut à gauche, le logo de la ville (l’ancien, qui a aujourd’hui un air délicieusement désuet, tout comme le numéro de téléphone, qui n’a que… 7 chiffres).
Sur cette page, une lettre, qui dit :
“Chère jeune amie, cher jeune ami,
Depuis que tu es à l’école, tu franchis, une à une, les étapes de la connaissance. Toujours plus difficiles, mais toujours plus enrichissantes, les leçons de tes maîtres t’ont apporté progressivement les éléments qui te permettront de choisir ta vie.
Maintenant, tu vas quitter l’école et entrer au collège. Tu y trouveras de nouvelles amitiés, de nouveaux professeurs, et tu pourras y approfondir tout ce que tes parents et tes maîtres t’ont appris.
Afin de t’inviter à ces nouvelles découvertes, le Conseil Municipal du Perreux sur Marne est heureux de t’offrir ce bel atlas.
Qu’il t’encourage et t’apporte le témoignage de ma fidèle amitié.”
La lettre est signée Michel Giraud, Sénateur-Maire du Perreux sur Marne, Président du Conseil Régional d’Ile-de-France.
Par un hasard curieux, cet atlas traîne depuis quelques semaines dans le salon, chez mes parents. Et le mois dernier, je l’ai ouvert, pour la première fois depuis des années, et j’ai relu cette lettre, plus de 20 ans après avoir reçu cet ouvrage.
Une dizaine d’années après, j’étais à Grenoble, étudiant en première année à l’Institut d’Etudes Politiques, quand j’appris que Michel Giraud était nommé ministre (du Travail). A cette occasion, je lui avais envoyé un petit courrier, et il m’avait répondu.
Michel Giraud n’est pas un homme politique classique. Professeur de lettres, il avait ensuite créé uen société de négoce de bois, galérant, avec son épouse, pendant les premières années, avant de connaître la réussite. Il a également créé une chorale qui ne compte plus les tournées, dans le monde entier.
Bref, j’ai du mal à le croire foncièrement malhonnête. “Depuis la mairie, Roussin impose le système de corruption à Michel Giraud, le président de la région” écrit Libé.
Michel Giraud, qui s’était engagé derrière Balladur pendant la campagne présidentielle de 1995, écrit : “Comment ne pas établir un lien, pour moi évident, entre mon choix de conscience pour l’élection présidentielle et les sévères et très injustes accusations qui me visent personnellement à partir du printemps 95 ?”

xiii.net


















tu es bien gentil avec Giraud, tout ça parce qu’il a envoyé une lettre de pub perso dans un atlas, qu’il a créé sa boite (comme toi, d’où identification ?), et que “c’est pas moi c’est les autres qui m’ont obligé à présider des commissions d’appel d’offre bidons” ?
Comment by âne — 25/03/2005 @ 11:54:57
âne > Heu, faut pas tout mélanger mon ptit gars ! On ne m’achète pas, moi, et certainement pas avec un simple atlas, même dédicacé !
Avoir créé une boîte est un point commun un peu trop courant pour que ça suffise à s’identifier à quelqu’un. Je ne vais pas m’identifier aux millions de personnes qui ont créé une boîte dans le monde, ne dis pas d’âneries ! (Hihihi)
Ton “C’est pas moi c’est les autres” est très simpliste. Je ne pense pas que c’est ce que dit Giraud. J’ai dit, et je le répète, que je ne le pense pas foncièrement malhonnête. Je pense que certains hommes politiques sont de vrais malhonnêtes, et que d’autres (beaucoup trop) sont “simplement” trop faibles parfois, trop éloignés des réalités, etc. Ca n’excuse pas pour autant, mais c’est à mes yeux moins sévèrement condamnable que les vrais hommes politiques voyous.
Comment by XIII — 25/03/2005 @ 12:49:09
“c’est pas moi c’est les autres” ou, dans le même registre, “j’ai rien vu, rien entendu”, mon petit doigt me dit que ça va être la défense de notre ami. Ca s’engage mal quand meme pour lui, cf http://www.liberation.fr/page.php?Article=284596
“Foncierement malhonnete”, ou “malhonnete par faiblesse”, sincèrement, je ne vois pas la différence, surtout en matière de bien public. Je n’y vois même pas la trace d’une circonstance attenuante.
Comment by âne — 25/03/2005 @ 15:33:39
âne > Pour moi il y a une différence. Même si le résultat est identique, l’intention n’est pas la même. Mais encore une fois, je ne dis pas que la faiblesse excuse un délit.
Comment by XIII — 25/03/2005 @ 16:13:46
on est donc d’accord, pour requerir la peine de mort (par écartelage), pour michou.
Comment by âne — 25/03/2005 @ 16:20:32
âne > Nan, on n’est pas d’accord. Lis son bouquin, et après on en reparle.
Comment by XIII — 25/03/2005 @ 17:13:07
Je suis d’accord pour dire que Michel GIRAUD est sûrement une personne honnête. Je faisais partie
de la chorale du Perreux et je l’ai cotoyé pendant plusieurs années. Je suis persuadé qu’il va
servir de fusible pour protèger certaines personnes qui ne peuvent être condamnés.
C’est ce qu’on appelle servir l’état!!!!!!!
Comment by GRANDCOLLOT Jean-Jacques — 08/06/2005 @ 22:15:35