Le petit garçon et son ballon
En début d’après-midi, je vais à la poste avec un paquet contenant des ouvrages de Tom Voirenlion, pour une librairie Elgébété de Nantes. Il fait top beau, et les dix minutes de marche sont un vrai plaisir.
Dans le petit bureau de poste (il est vraiment petit, l’espace réservé aux clients doit faire, allez, disons 4 mètres sur 3), une cliente devant le guichet de gauche, un vieux monsieur devant le guichet de droite.
La dame a l’air de vouloir un truc compliqué, ça dure. A côté d’elle, un petit garçon d’environ 3 ou 4 ans, disons (je suis pas doué pour deviner l’âge des enfants, moi), avec son ballon dans les mains, et qui a l’air un peu impatient.
Il tire le pantalon de sa mère. “Maman, maman, t’as bientôt fini, on y va ?” Mais non, elle n’a pas bientôt fini. Alors il regarde autour de lui, me remarque, me regarde d’un air curieux. Je lui souris. Puis il avise mon paquet posé sur la table. Il s’approche, et en me regardant, dit “Ca, c’est un colis !” Et oui mon ptit gars, c’est un colis, mais t’es un peu trop petiot pour lire les bouquins qu’il y a dedans !
Il retourne près de sa mère, et attend, et s’ennuie. Il me regarde à nouveau, pose son ballon par terre, s’accroupit devant, me regarde encore, me fait un sourire espiègle, et lance le ballon dans ma direction. Le ballon arrive devant moi. Un ptit coup de pied, et je le lui renvoie. Son sourire va maintenant d’une oreille à l’autre. Il me renvoie le ballon.
On fait ainsi 5, 10, 20 passes. Le gamin est ravi, et je souris aussi. Sa mère, occupée avec le postier, n’a rien remarqué, elle entend sans doute le bruit du ballon qui roule, mais doit penser que son fils joue tout seul. Si elle le voyait, elle dirait sans doute “Laisse le monsieur tranquille !” Un autre client se serait peut-être légèrement écarté pour laisser passer le ballon, et aurait froncé les sourcils en se disant “Il n’est pas très bien élevé, ce môme !”
Moi, je suis content, parce que le petit ne s’ennuie plus, il se marre à me lancer son ballon, et à me voir le lui renvoyer. Pendant 5 minutes, on a tous les deux souri. Puis sa mère a terminé, n’a rien remarqué, est partie avec lui. Le gamin est sorti après un dernier regard et un dernier sourire dans ma direction.
Et sur tout le trajet de retour chez moi, j’ai souri, content d’avoir partagé ces quelques minutes de complicité avec le petit blondinet. Pourvu que je garde longtemps cette âme d’enfant dans mon corps d’adulte !







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