Printemps
Saut à Blagnac, pour la deuxième fois de la journée, pour voir un pote en correspondance. Il fait super chaud, la voiture annonce 27 degrés. Moment court, mais sympa avec Mister sLeAbO. Retour vers la maison. Il fait beau, très beau, trop beau pour rentrer. Arrêt au terminus du métro, direction le centre ville.
Avant de la rame. Quatre sièges en vis à vis contre le pare-brise avant. Moi, deux blacks un peu rondes, souriantes, et un mec. Départ. Entre deux stations, l’imprévu. Le métro s’arrête.
Le mec : “Ha. On fait quoi maintenant ?”
Les deux nanas pouffent. Je ne peux retenir un grand sourire, je sors le nez de mon livre. On a de la chance, on est bloqués sur un des rares tronçons en plein air, et nous sommes au soleil. Les gens se regardent. Dans un métro automatique, on a l’air un peu cons quand il est en panne. On espère que le mec qui surveille le système ne s’est pas endormi devant sa console.
30 secondes. Rien. Une minute, toujours rien. Nouveaux échanges de regards, les nanas se marrent encore, le mec et moi avec. Les autres passagers se regardent, nous regardent rire. Bon, bah on est bloqués, on ne va pas pleurer, non plus, autantle prendre à la rigolade ! Une minute trente, on est toujours arrêtés. Puis, finalement, le métro repart.
A la station suivante, il reste inhabituellement longtemps arrêté, mais ce coup-ci, une voix dans les hauts parleurs signale un souci, et précise qu’il va être résolu rapidement. Quelques minutes d’attente. Le métro repart.
Place du Capitole. Des agents municipaux finissent de nettoyer les dernières traces du passage des milliers de toulousains venus ce matin regarder sur écran géant le décollage de l’A380. Le soleil de fin d’après-midi donne à la pierre rose du Capitole sa plus belle couleur de la journée. Au fronton, trois drapeaux : celui de la région, le français, et l’européen.
Quelques centaines de mètres. Puis la Garonne. Les quais et ses pelouses, prises d’assaut par des mecs (torses nus) et des nanas qui tchatchent autour d’une bière. Il est presque 20 heures, mais le soleil est encore haut dans le ciel, et il fait bon. Je me promène sur les quais.
Une fille avec un chapeau jongle avec des quilles. Un mec sans chapeau jongle avec des balles. Un mec torse nu joue du saxo, un autre assis tape sur ton djambé. Je m’allonge dans l’herbe, je ferme les yeux, goûtant la douce caresse du soleil rasant sur mon visage. Vive le printemps.

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