San Francisco, août 1998
Mon voisin pédé, celui qui fait bien les massages, a habité 8 ans à San Francisco. Gondalien, dont je lis le blog avec attention (putain il écrit bien, ce salaud !) y vit actuellement. Du coup j’ai récemment repensé à mes brefs séjours sur place.
Fin juillet 1998. Je franchis le seuil d’un fort en région parisienne. En quittant la caserne, je reviens à la vie civile après 10 mois de service militaire. Quinze jours plus tard, quasiment simultanément, je prends possession de mon appart parisien, rue de Rivoli, et je commence mon premier vrai boulot (j’ai bossé tous les étés depuis mes 14 ans, mais là, c’est ma vraie vie professionnelle qui commence).
Dès l’annonce de mon embauche, en juillet, mon futur rédacteur en chef m’a demandé si j’ai un passeport. Non, le mien est périmé. Il me conseille alors d’en faire refaire un très vite, un voyage de presse à l’étranger est possible fin août.
10 jours après mon arrivée à la rédaction, me voilà dans un avion, destination San Francisco. Le problème, c’est que ce n’est pas le but du voyage. A peine arrivé, j’attrape une correspondance pour… Salt Lake City. Entre SF et Salt Lake, c’est un peu le grand écart. La ville des pédés et de l’ouverture sur les différences d’un côté, la ville des mormons et de la morale de l’autre. Dommaaaaaage !
Je vais passer trois jours dans l’Utah, dans une petite ville au sud de Salt Lake. Pendant ma correspondance à l’aéroport de San Francisco, je me dis donc que je ne vais voir de la ville que l’aéroport, n’ayant pas plus de temps de correspondance au retour.
Arrivé dans l’Utah, je consulte le programme de mes trois jours, et je constate que le troisième est libre. Je demande confirmation, et on me précise que je fais ce que je veux. Je décroche immédiatement mon téléphone pour appeler Delta et avancer de 24 heures mon vol Salt Lake-San Francisco.
Avant de partir, j’avais chaté, à tout hasard, sur un chat gay de SF, et j’avais eu quelques contacts sympas. J’envoie donc un mail à deux ou trois mecs dont j’avais l’adresse, en indiquant le numéro de téléphone de mon hôtel… Et j’attends. Deux heures plus tard, le téléphone sonne, et l’un deux, un mec de 22 ans, me dit qu’il sera content de me rencontrer, et se propose même de m’héberger pour ma nuit à San Francisco. Gloups !
Les deux journées passent lentement. Et finalement, me voila dans un taxi pour Salt Lake. Pendant que l’avion survole les Rocheuses, je suis dans un état d’excitation terrible. Je vais découvrir San Francisco, et avec un ptit pédé local, en plus. A l’aéroport, légère appréhension : sera-t-il là ? Va-t-on se reconnaître ? Il est là, avec son mec ! Cool. Surtout qu’ils sont tous les deux à tomber par terre. On récupère leur voiture, un superbe petit coupé japonais. Quelques minutes plus tard, je suis sur la highway, le long de la baie, fonçant vers San Francisco, dans une voiture de sport, avec deux jeunes gays top mignons. J’ai l’impression de rêver.
Mon sac à peine déposé chez eux, on repart pour Castro boire un verre, puis dîner. Ensuite, direction une boîte de nuit dont je ne me rappelle plus le nom, dans une grande maison un peu en dehors de la ville. J’ai mon passeport dans la poche arrière de mon jean pour prouver que j’ai plus de 21 ans, ce qui me permet d’obtenir un bracelet orange fluo qui me permettra d’accéder au bar servant de l’alcool. Mon passeport, qui a 15 jours à peine, sera baptisé dès son premier voyage, avec une belle cassure au milieu, à cause de la nuit passée dans ma poche arrière.
Dans la boîte de nuit, je m’amuse de constater qu’on sait qui a moins de 21 ans : ceux qui n’ont pas de bracelet. Et malgré le mien, je passe pas mal de temps dans la zone “underage”. On ne se refait pas !
Mes deux Américains sont rapidement torse nu. Je danse en face d’eux, et mes mains se perdent régulièrement sur leurs torses harmonieusement muslés (”juste comme il faut”, spécial dédicace à la dream team). Ca les fait sourire, mais ce dont je me souviens surtout, c’est du regard surpris des autres danseurs. Même à SF, les Américains gardent un aspect coincé…
Finalement, le fantasme de la nuit passée dans le lit de mes deux hôtes ne se réalisera pas. Mais j’aurais la consolation de la passer avec leur coloc, tout à fait mimi aussi ! Le lendemain midi, après un dernier déjeuner à Castro, ils me raccompagnent à l’aéroport, et je reprends l’avion pour Paris, sans avoir encore eu le temps de réaliser tout ce que j’ai vécu en 20 heures à San Francisco…

xiii.net







ralala et quelques années plus tard le journaliste qui te remplace part en interview dans le 8e arrondissement pour parler de la freeboite sans passer par la case SF
Comment by pierre — 11/05/2005 @ 23:50:10
J’hallucine… T’as pas froid aux yeux !
Comment by Diabolito — 22/05/2005 @ 17:56:30