La mairie pour madeleine
Cette après-midi, à la veille de redescendre à Toulouse après trois semaines de séjour parisien (le plus long depuis mon départ pour Toulouse voilà 22 mois), j’ai fait une promenade solitaire dans le centre ville.
La grande rue de cette ville, celle de mon enfance, qui fut aussi celle de Garoo pendant plusieurs années avant qu’il ne parte à Smallville, cette grande rue est déserte. Elle n’est déjà pas très animée le dimanche après-midi dans l’année, mais aujourd’hui, en plein milieu de l’été, elle est vide.
Je marche lentement le long des vitrines des magasins fermés. C’est tellement silencieux que j’entend le bruit de mes pas sur le trottoir. J’arrive en face de la mairie, et je tourne sur la gauche pour m’en rapprocher. La ville n’ayant été créée qu’en 1887, le bâtiment n’a qu’un sèicle. Il est typique de ces mairies de banlieue, imposant, en pierre de taille.
Alors que je le contourne, il me fait l’effet d’une madeleine, et me reviennent des souvenirs de mon enfance dans cette ville où mes parents se sont installés lorsque j’avais 6 ans, que j’ai quittée pour aller à Grenoble à 19 ans, avant d’y revenir trois ans, entre 22 et 25 ans.
Cette mairie me rappelle toutes mes vacances en centre aérés (ils sont municipaux, ceci expliquant peut-être cela). Au primaire, entre 6 et 12 ans, puis chez les pré-ados, de 12 à 15. Ces centres que j’ai beaucoup fréquentés, ces innombrables sorties aux quatre coins de l’île de France, d’Ermenonville à Fontainebleau en passant par Périgny. Les nombreuses nuits de camping avec d’autres jeunes de mon âge, ces nuits au cours desquelles je connus les premiers émois provoqués par des garçons.
Ces centres aérés où, pour boucler la boucle, je fus moniteur, entre 18 et 20 ans. C’est à tout cela que je repense en longeant cette mairie, et ces souvenirs me font réaliser que si j’ai successivement habité à Grenoble, à Paris, à Toulouse, c’est ici que sont une partie de mes racines, que sont ancrés des années de souvenirs, et des souvenirs parmi les plus importants, ceux de l’enfance.

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