30/11/2005

Le temps qui reste à Melvil

Filed under: Ciné — XIII @ 23:24:22

Note pour plus tard : aller au ciné à 20 heures le jour de la sortie d’un nouveau Harry Potter est une TRES mauvaise idée.

C’était de la folie furieuse. Monde fou devant le ciné, 10 minutes à poireauter pour arriver aux caisses, et après le contrôle, une foule bruyante qui attend. Heureusement, la nana, voyant sur mon ticket que je n’allais pas voir les exploits de l’apprenti-magicien boutonneux, me dit : “Vous doublez tout le monde”

Je double donc la meute, et j’ai eu du pot, parce qu’à peine avais-je fini de la contourner qu’on l’a lâchée et qu’ils se sont précipités à ma suite dans l’escalator. Moooooon Dieu !

Voilà, sinon, je suis allé voir “Le temps qui reste”, le dernier Ozon. Très bien. Il est miam, ce Melvil Poupaud. A chaque fois que je le vois dans un film, je repense à “L’amant”, dans lequel il jouait un petit rôle. Il avait 19 ans, moi aussi (on est de la même année), il était déjà très miam, il avait une scène où il pleurait et moi j’avais envie de le serrer dans mes bras pour le consoler.

Connaissez vos ennemis

Filed under: General — XIII @ 19:33:22

“Les homosexuels ne sont pas dans l’état adéquat pour se marier, pour adopter des enfants et pour accéder au sacerdoce” estime Tony Ana*trella, qui a été consulté par le Vatican pour la rédaction de l’instruction qui interdit l’ordination d’homosexuels.

L’homosexualité apparaît comme un inachèvement et une immaturité foncière de la sexualité humaine” ajoute-t-il, et cette phrase n’étonnera pas ceux qui le connaissent.

Connaissez-vous Tony Ana*trella ? Non ? Vous devriez. Parce qu’il faut toujours connaître ses ennemis, et que cet homme est l’un des pires ennemis des homos, et un des pires homophobes français.

Il est médecin (psychanalyste, plus précisément) et prêtre. En bon homophobe, il doit prouver que l’homosexualité n’est pas normale, et il ne cesse donc d’affirmer qu’elle est une forme de narcissisme, la conséquence de la non-acceptation de la différence des sexes. Pour Ana*trella, l’homosexualité est le résultat d’un développement psychique incomplet.

Il faudrait rappeler au médecin que l’homosexualité n’est plus considéré par une maladie mentale par l’Organisation Mondiale de la Santé…

Un manga contre le SIDA

Filed under: General — XIII @ 18:49:15

Demain, c’est la journée mondiale de lutte contre le SIDA. C’est l’occasion de vous parler d’un manga de prévention qui sort ces jours-ci, et dont m’a parlé un lecteur.

C’est une bande dessinée de 120 pages, tirée à 63 000 exemplaires, et qui sera distribué gratuitement. Ce manga a été dessiné par un lycéen. Les personnages ont entre 16 et 26 ans et sont gays, lesbiennes, bi ou hétéros.

Le nombre de pages permet de développer une véritable histoire, et le SIDA n’en est pas véritablement le thème principal.

C’est une initiative plutôt sympa, espérons qu’elle aura du succès et que le choix du manga permettra de toucher les jeunes…

On peut télécharger le manga en PDF sur le site Réseau Positif (attention, ça fait plus de 18 Mo, mais on peut aussi le lire en ligne sur le site).

28/11/2005

L’adieu à Pierre

Filed under: General — XIII @ 20:15:45

9h30 ce matin. Nous sommes moins d’une trentaine à patienter dans le froid. Enfin le cercueil est sorti du corbillard et porté dans l’église. Nous y entrons à sa suite. Un drapeau tricolore est étalé sur le cercueil, entouré de trois gerbes, dont une porte un ruban indiquant “A notre témoin de l’histoire”.

L’église des Dominicains est moderne, en béton, immense, glaciale. Parmi la vingtaine de personnes autour de moi, principalement des militants LGBT. Sur le banc en face de nous, de l’autre cpoté du cercueil, quelques membres de la famille de Pierre Seel, dont son ex-épouse et ses enfants.

Le jeune prêtre dominicain qui conduit la cérémonie rappelle que le défunt a vécu “l’indiscible” alors qu’il était encore très jeune. “Il a été broyé par la barbarie du régime nazi” et “en a été blessé à vie“, assène-t-il. Il rappelle également qu’après la Libération, on ne parlait pas de la déportation, et que Pierre Seel avait une double raison pour ne pas en parler (parce que les déportés n’en parlaient pas, et parce que la raison de sa déportation était considérée comme honteuse à l’époque). Mais, poursuit le prêtre, des années plus tard, Pierre Seel avait eu le courage de raconter son histoire, ce qui lui avait à nouveau causé des souffrances.

Il fait ensuite le tour de cercueil avec de l’encens, dont l’odeur parvient lentement jusqu’à nos narines. Puis il aperge le drapeau d’eau bénite. A l’issue de la cérémonie, le cercueil est sorti de l’église pendant que le chant des déportés (chant des marais) monte vers la voute de l’église. Nous sortons.

Le corbillard s’en va, la famille le suit, la plupart des autres s’en vont. Avec deux militants, j’accepte l’invitation du prêtre de boire quelque chose de chaud pour se réchauffer. Il nous emmène dans le couvent dominicain, nous faisant traverser le réfectoire, construit tout en longueur, avec une tribune pour celui qui lit une écriture pendant que les autres frères mangent, puis nous arrivons dans la cuisine.

Quelques frères dominicains y prennent une collation pendant leur intercours, puis quittent la pièce. Pendant que nous buvons café ou chocolat chaud, nous avons une longue discussion avec le Dominicain sur l’homosexualité. Il est très ouvert (”Vous parlez à l’original du couvent !” explique-t-il avec un sourire) et le dialogue est passionnant.

Puis nous repartons, et je rentre chez moi. La journée n’est pas finie, puisque j’ai proposé d’emmener en voiture un des deux militants, venu en train de Marseille, pour l’inhumation. Je passe le prendre à son hôtel, et c’est finalement à trois que nous prenons l’autoroute vers Carcassonne.

Pierre Seel va être inhumé à Bram, à 75 kilomètres de Toulouse. Le vieux cimetière est plein, et c’est dans une extension, où ne se trouve qu’une vingtaine de caveaux et qui ressemble, pour le reste, plus à un terrain vague qu’à un cimetière, qu’il va être enterré.

Bizarrement, la famille reste à une cinquantaine de mètres du caveau alors que le cercueil y est descendu et que la pière tombale est remise en place. Nous sommes derrière la famille. Les opérations de remise en place de la pierre sont longues et bruyantes, peu propices au recueillement, et laissent même un sentiment de malaise.

Enfin, tout le monde s’approche du caveau, où se trouvent cinq gerbes, dont une ceinte d’un ruban tricolore. Après quelques minutes de recueillement, nous partons. En quittant le parking, nous faisons au revoir de la main à l’un des fils de Pierre Seel, qui nous répond avec un sourire. Nous repassons devant le cimetière, où nous saluons pareillement de la main le reste de la famille, qui nous regarde sans un seul geste. Le passé de Pierre Seel n’est visiblement pas digéré par tout le monde…

De retour à Toulouse, je suis embauché pour aider à rédiger un communiqué de presse, et je ne rentre chez moi qu’à 18h30. Mais je ne regrette pas d’y avoir consacré ma journée.

Le seul Français déporté pour homosexualité à avoir eu le courage de témoigner n’est plus, et puisque ses obsèques avaient lieu à Toulouse, il me semblait important d’être présent, pour honorer sa mémoire. Pour beaucoup de gays, aujourd’hui, la déportation homosexuelle ne signifie rien ou pas grand chose. Pourtant, l’histoire de Pierre Seel et des milliers d’autre homosexuels déportés pour ce motif fait partie de notre histoire, et chaque gay devrait se sentir concerné, parce que cette horrible expérience représente la pire illustration de ce que peut provoquer l’homophobie.

En regardant le cercueil recouvert du drapeau français, puis la tombe ornée de gerbes, j’avais en tête les extraits du témoignage de Pierre Seel que j’ai publié ce week-end sur mon blog. Et je me disais que l’homophobie existe toujours, et je repensais à un reportage de Canal + sur les agresseurs de David Gros. L’un d’eux, visage masqué, disait que les pédés, “il faudrait leur enfoncer des batons dans le cul pour qu’ils voient que ça fait mal“, est-il si loin de ça que les tortionnaires de Pierre Seel qui l’ont violé avec une règle de bois brisée en deux, provoquant aux intestins des blessures dont il a souffert jusqu’à la fin de sa vie ?

Non, ils n’en sont pas si loin. L’homophie est toujours présente, personne ne peut affirmer qu’aucun homo ne vivra jamais plus les horreurs subies par Pierre Seel, et c’est pour cela que son histoire fait partie de celle de tous les gays et lesbiennes.

25/11/2005

Pierre Seel est mort

Filed under: General — XIII @ 14:45:19

j’apprends à l’instant, par le newsletter de Têtu, le décès de Pierre Seel. Et ça me fait quelque chose.

Pierre Seel était le seul déporté français en raison de son homosexualité à avoir témoigné publiquement à ce sujet. Il est l’auteur du livre “Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel”.

C’est en bonne partie grâce à lui, et à des gens comme Jean le Bitoux et le Mémorial de la déportation homosexuelle, que la France a enfin reconnu, après un demi-siècle, cette déportation. Lionel Jospin, alors premier ministre, en 2001, puis Jacques Chirac cette année.

Je n’oublierai jamais le témoignage de Pierre Seel que j’avais entendu lors d’une édition du festival du film gvay et lesbien de Paris, avant la projection du film “Paragraphe 175″. Il était en face de nous, et avait raconté les conditions de son arrestation et l’horreur du camp de concentration.

Il avait 17 ans, il draguait dans un lieu gay, il s’y était fait voler sa montre. Il avait commis l’erreur tragique d’aller porter plainte au commissariat, où les policiers avaient voulu connaître le lieu du vol, en avait conclu que Pierre Seel était homosexuel, et l’avaient noté dans un fichier, qui devait, plus tard, l’envoyer en déportation en raison de son orientation sexuelle.

Voici quelques extraits d’un de ces témoignages, tiré du site des Flamands roses :

Pierre Seel évoque les terribles tortures par les nazis, pendant 13 jours et 13 nuits, après son arrestation, début mai 1941 :

"Au début, nous parvînmes à résister à la souffrance. Mais après, ce ne fut plus possible. L’engrenage de violence s’accéléra. Excédés, par notre résistance, les SS commencèrent à arracher les ongles de certains d’entre nous. De rage, ils brisèrent les règles sur lesquelles nous étions agenouillés et s’en servirent pour nous violer. Nos intestins furent perforés. Le sang giclait de partout. J’ai encore dans les oreilles nos cris d’atroce douleur."

Le 13 mai 1941, il est déporté au camp de Schirmeck :

"Aucune des horreurs de Schirmeck ne me fut épargnée. Je devins rapidement un pantin désarticulé sous les hurlements des SS, attaché à exécuter toutes sortes d’ordres et de tâches épuisantes, dangereuses ou simplement ineptes."

Un jour, il voient les gardiens du camp se saisir de Jo, 18 ans, son premier amour :

"Ils lui enfoncèrent violemment sur la tête un seau en fer-blanc. Ils lâchèrent sur lui les féroces chiens de garde du camp, des bergers allemands qui le mordirent d’abord au bas-ventre et aux cuisses avant de le dévorer sous nos yeux. Ses hurlements de douleur étaient amplifiés et distordus par le seau sous lequel sa tête demeurait prise. Raide et chancelant, les yeux écarquillés par tant d’horreur, des larmes coulant sur mes joues, je priai ardemment pour qu’il perde très vite connaissance. Depuis, il m’arrive encore souvent de me réveiller la nuit en hurlant. Depuis plus de 50 ans, cette scène repasse inlassablement devant mes yeux. Je n’oublierai jamais cet assassinat barbare de mon amour. Sous mes yeux, sous nos yeux. Car nous fûmes des centaines à être témoins."

Une scène atroce qui n’est pas sans rappeler celle montrée dans le film sur la déportation homosexuelle, diffusé récemment sur France 2, “Un amour à taire”.

Le meurtre sauvage de son ami ne repassera plus devant les yeux de Pierre Seel, qui a enfin trouvé la paix et va maintenant retrouver Jo…

22/11/2005

Bruce en VF

Filed under: Radio/Télé — XIII @ 22:41:04

le mec qui fait la voix française de Bruce Willis, il lui verse un pourcentage sur tout ce qu’il touche avec des pubs ?

C’est hallucinant, il n’arrête pas d’en faire…

C’est trop de l’arnaque, parce que ce n’est pas *sa* voix qui fait vendre, c’est Bruce Willis…

Roselyne

Filed under: General — XIII @ 14:26:00

Un petit mot sur une formidable Roselyne. Pas Bachelot, non, mais Godard. Ca en fait deux, des formidables Roselyne.

Roselyne Godard est plus connu sous l’appellation “la boulangère d’Outreau”.

En regardant la JT ce midi, je me suis fait la réflexion, une fois de plus, que cette femme était assez extraordinaire.

Elle a supporté l’horreur, le truc le plus terrible dont on puisse être accusé. Elle a supporté la prison, la salissure de son nom. Elle a été inocentée, elle a entamé des études de droit pour devenir avocate, parce qu’elle sait ce qu’elle doit à son avocat et qu’elle veut rendre à d’autres ce qu’elle a reçu de lui. Et en ce moment, elle est, tous les jours, au procès de ces co-accusés, veillant sur eux comme une mère.

Chapeau, Roselyne !

21/11/2005

Etre plus vieux que son père

Filed under: General — XIII @ 12:58:31

«La chose la plus étrange quand on a un parent mort c’est que, toute votre vie, vous êtes plus jeune que lui et qu’à certain moment vous êtes plus vieux. Mon père avait 26 ans quand il a disparu. Pendant les vingt-six premières années de ma vie, il était la figure du père. Maintenant que j’ai 40 ans, il est comme un gosse agité et mort trop tôt.»

Moby, dans Libération de ce jour.

19/11/2005

Girona

Filed under: General — XIII @ 21:10:29

Un ptit post en direct de mon hôtel à Gérone.

Je suis crevé… J’avais choisi la route “nationale et montagne” plutôt que “autoroute contournant la montagne”, pour profiter du paysage.

J’ai donc abordé les Pyrénées sous le soleil, c’était superbe. De virage en virage, j’ai pris de l’altitude et la route a fini par serpenterau milieu de la neige. Je me suis arrêté au col de Puymorens, à 1915 mètres. Je me suis garé et je suis sorti de la voiture pour prendre des photos. La neige faisait crr crr sous mes pas, j’aime bien ce bruit. Puis j’ai regagné la voiture, parce qu’il faisait 2 degrés seulement.

Une fois passé en Espagne, me suis un peu planté, au lieu de prendre la C17 avec les tunnels, j’ai continué sur la 152 qui passe par la montagne, et je me suis donc tapé moults virages pour minter puis redescendre. La première partie était sympa, la montagne est belle sous le soleil. Mais ça finit par être long, surtout quand la nuit est tombée et qu’il n’y a plus grand chose à voir.

Bref, me voilà à Gérone, et demain, mariage d’un copain espagnol avec sa copine japonaise.

17/11/2005

La nouvelle Lada

Filed under: General — XIII @ 23:32:17

Lundi, j’ai dîné avec un charmant blogueur, sur les Champs-Elysées. Il m’a ensuite proposé de me déposer à la station de RER de l’Etoile, pour me permettre d’essayer la nouvelle Lada (puisque j’avais déjà eu l’honneur de monter à bord de l’ancienne).

J’y ai retrouvé madame La Vache, et je l’ai prise en photo, alors que nous roulions, capote défaite et cheveux aux vents, sur les Champs-Elysées.

Ca a de la gueule cette pic, non ?

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