Annulation de la session de juin
Hier soir, dans la voiture, je suis tombé sur la fréquence du Mouv’, la radio “jeunes” de Radio France.
L’animatrice disait à une auditrice anti-CPE qu’elle avait entendu qu’un président d’université de Toulouse envisageait d’annuler la session d’examens de juin, et de faire passer tout le monde en septembre. Elle avait l’air surpris et demandait si c’était une rumeur.
C’est étonnant que ça l’étonne. Si le blocage des universités continuent, on ne va pas donner l’année universitaire à des étudiants qui ne bossent plus depuis des lustres… Les étudiants de mai 68 ont passé leurs examens en septembre…
Le problème, c’est que tous ceux qui voudraient bosser et en sont empêchés devront eux aussi passer leur été à bosser… Sans parler des étudiants étrangers, qui ont pour beaucoup payé une petite fortune pour venir étudier en France, et qui ne pourront peut-être pas voir leur année ou semestre validé. Belle publicité pour les étudiants étrangers qui veulent venir passer quelques mois d’études chez nous…
Ces blocages de facs et de lycées m’agacent vraiment au plus au point… Ils sont proprement scandaleux. Chacun a la liberté de manifester, mais ni de casser des bagnoles ou des magasins, ni d’entraver la liberté des autres à étudier.

xiii.net


















Si tu ne l’as pas encore vu, ce blog (http://blokeursquatteur.blogourt.fr/) montre les images de l’Université Pierre Mendès France à Grenoble, suite au squattage de jeunes….
(J’en parle sur mon blog ici : http://blog.lagon-bleu.org/index.php?entry=entry060330-171949)
Comment by Aymeric — 31/03/2006 @ 13:43:51
C’est la lutte finale, groupons nous et demain.
Camarades, continuons la lutte. Non au blogs du patronat.
Comment by Grouik — 31/03/2006 @ 15:09:02
Je partage totalement ce point de vue. Que l’on soit pour ou contre le CPE, on doit respecter les droits de chacun et permettre à ceux qui le veulent de suivre leurs cours et de préparer leurs examens.Le premier ministre a peut-être tort de s’entêter, mais je n’apprécie pas davantage les petits caïds qui veulent faire la loi sur les campus et imposer à tout le monde LEUR vérité !
Comment by Anonymous — 31/03/2006 @ 18:40:10
Je croyais être le seul dans mon coin à trouver que, quand même, on faisait la part bien belle aux anti-CPE.
Ca fait plaisir de lire que je ne suis pas le seul à juger que les blocages de facs sont par définition anti-démocratiques, puisqu’il s’agit précisément de faire obstacle à la liberté de chacun de décider de son action : faire grève ou pas, manifester ou pas.
D’ailleurs, les assemblées générales d’étudiants se déroulent entre anti-CPE, à main levée et en stigmatisant ceux qui ne voteraient pas avec la foule (il faut entendre les huées qui accablent ceux qui ont le courage de s’opposer à main levée, alors qu’ils ont eu la sagesse de rester silencieux lors de l’expression de leurs adversaires). Lorsque des présidents d’université ont voulu organiser des votes réellement démocratiques, avec carte d’étudiant pour écarter les manipulateurs habituels, les grévistes se sont arrangés pour troubler les opérations de vote jusqu’à ce que les organisateurs préfèrent les annuler plutôt que de prendre le risque d’incidents.
Les jeunes réfutent l’idée qu’ils sont manipulés. Pourtant, à entendre leurs discours, ils ne parviennent même pas à s’approprier le vocabulaire qui leur a été dicté.
Cela me rappelle lorsque j’étais étudiant, et où, emporté par le mouvement, j’avais manifesté contre la loi Devaquet, sans rien connaître d’elle, si ce n’est ce que m’en avait dit ses opposants, les arguments favorables au texte ne parvenant même pas jusqu’à nous.
Ce soir, j’ai même entendu un étudiant lyonnais dire que la décision de Chirac de promulguer la loi était anti-démocratique. Sait-il seulement ce que démocratie veut dire ! Ce sont justement nos représentants, expression de la démocratie française qui ont voté ce texte. Il aurait été précisément contraire à la démocratie que la rue ait gain de cause. Si les français ne veulent pas de ce texte, ils n’ont qu’à élire des députés qui ne le votent pas ou qui l’abrogeront : c’est ça la démocratie ! Ce n’est pas l’excitation de la rue sous l’influence de démagogues ou de marchands d’utopies, que le trouble ou la révolution intéresse plus que la construction.
Ce texte est peut-être mauvais, mal expliqué et mal adopté, mais il est là, voté dans les règles. Céder à la foule vociférante des rues serait, une fois de plus, cultiver l’illusion que la politique se fait dans la rue plutôt que dans les urnes. Comment convaincre ensuite les citoyens de s’inscrire et les électeurs de voter, si c’est la rue, les plus forts,
qui gouvernent au mépris de ceux qui expriment démocratiquement leurs souhaits dans l’isoloir.
Dans un référendum, j’aurais probablement voté contre ce texte, mais je m’impose, démocratiquement, de respecter la décision des représentants que les français ont élus.
Cette règle démocratique ne plait pas, on peut en débattre, on peut la changer, prévoir la consultation du peuple plus souvent, modifier démocratiquement les règles des élections. Mais on ne doit pas plier régulièrement devant les gesticulations de foules par définitions emportées par des effets de masse savamment orchestrés par de talentueux manipulateurs.
Comment by Oscar — 31/03/2006 @ 23:52:08
On parle de 1936, de Mai 1968, de 1789…On confond grève étudiante et grève de salariés. Ce qu’on oublie c’est surement que si un salarié décide de faire grève, certes il ne reçoit pas son salaire, mais il n’empêche pas tout le monde de travailler! Si tous les salariés d’une entreprise ne touchaient pas leur salaire parce que la moitié d’entre eux avait décidé de faire grève, il faudrait surement réinventer le droit à résister…
(p.s: je suis étudiant à sciences-po grenoble, et ça fait plaisir de voir que certains réussissent une fois sortis de la “maison”. Bravo pour ton blog ! )
Comment by pilnikov — 02/04/2006 @ 00:40:32
Eeeeeuuuuuuhhh…
Un salarié quand il fait greve peut aussi bloquer l’acces au lieu de travail
ca arrive meme frequement, ca s’appelle un piquet de greve.
Et l’acces au lieu de travail est bloqué suite a vote majoritaire en AG.
Je ne sais pas ce qu’il en est aujourd’hui, mais en ce qui me concerne pendant la vague de manif ou j’etais encore a la fac (Devaquet pour etre plus precis), c’etait comme cela que ca se passait.
Maintenant, si on ne va pas aux AG pour dire qu’on est pas/plus d’accord faut pas venir se plaindre (a mon epoque c’etait ce qui se passait, j’imagine que ca n’a pas trop changé). Et se plier à la majorité c’est aussi ca la democratie.
Comment by fredouille — 05/04/2006 @ 11:32:59
Maintenant que des votes sont organisés sur les campus, on verra si les blocages ont leur légitimité ou pas.
Comment by Olenka — 07/04/2006 @ 12:14:19
Olenka > Ce n’est pas parce qu’il est voté par la majorité des gens présents qu’un blocage est légitime.
Comment by XIII — 07/04/2006 @ 12:18:19