La citation du jour
“Je suis surpris par la déconnexion entre le débat politique, tel qu’il s’exprime dans la rue, et la vie des entreprises françaises dans le monde. C’est très étonnant. Je l’ai vu à Hongkong, les entreprises françaises sont incroyablement efficaces sur le marché mondial. Qu’il s’agisse de l’aéronautique, de l’automobile, de l’industrie de luxe ou de l’assurance, les Français sont agressivement concurrentiels. On a du mal à le croire si l’on écoute seulement les politiciens.
Il y a aussi quelque chose de curieux, presque de pittoresque, dans cette furieuse résistance française à la prise de contrôle de n’importe quelle compagnie par des intérêts étrangers alors que vous êtes si spectaculairement bon dans l’achat des compagnies des autres. En 2005, près d’un tiers des grandes acquisitions internationales ont été le fait de Français. Je dis cela sans le moindre ressentiment.
On a l’impression qu’il y a deux France : l’une où se déroule le débat sur le contrat première embauche (CPE) et l’autre qui produit l’essentiel des ressources qui permettront de payer les retraites des fonctionnaires.
(…)
Le problème, c’est qu’ils (les Français) résistent de plus en plus aux changements qui affectent, surtout, la qualité de vie de certains groupes bien protégés. Les étudiants défendent leur droit à un emploi à vie même si cela maintient au chômage beaucoup d’autres gens. C’est une manière excessivement conservatrice d’envisager la solidarité sociale.
La majorité des étudiants veulent être fonctionnaires. Il est admirable que les Français continuent d’être aussi fiers de servir leur Etat. Mais leur manque d’esprit d’aventure, cette volonté de faire la même chose toute leur vie, je trouve cela assez déprimant.”
Chris Patten
(Actuellement chancelier de l’université d’Oxford, Chris Patten fût député, secrétaire d’Etat, dernier gouverneur de Honk-Kong, commissaire européen)
Extraits de l’entretien paru dans Le Monde.

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