Balade nocturne
Ce midi, en allant à la poste, je repensais à la remarque d’une touriste, entendue il y a quelques jours. Je revenais du bureau de poste, et je croise deux petits vieux en balade. La mamie s’exclame tout d’un coup : “Tu te rends compte ? Dans un bled comme ça, il y a une poste ! C’est incroyable !”
Non mais ho, connasse, bien sûr qu’il y a une poste ! C’est pas une réserve naturelle, il y a des gens qui habitent ici ! Et aussi un formidable éditeur qui doit bien expédier les dizaines de milliers milliers centaines de bouquins qu’il vend tous les mois !
Et ce midi, donc, en repensant à ça sur le chemin de la poste, je passe devant la crêperie de Christiane. Et je vois sur le petit panneau indiquant les jours (variables) d’ouverture : “Ouvert lundi, midi et soir, mardi, midi et ? Puis fermeture jusqu’à la Toussaint”
Et là je me dis “Meeeeerde !”. Vincent et moi avions prévu d’y manger ce midi, avant la fermeture, mais on a complètement zappé, et on a bouffé avant que je parte à la poste. J’en profite pour faire un coucou à Rosy et Patricia, qui, elles, n’ont pas oubliées, sont attablées dans la crêperie, et me font de grands signes par la fenêtre.
Ce soir, donc, on appelle Christiane au 53 (00 53, quoi… Sur l’île, on se uniquement donne les quatre derniers chiffres du numéro de téléphone, ou même les trois ou deux premiers, si le/les précédents sont des zéros, puisque les six premiers sont les mêmes partout. Ainsi, moi c’est 268) pour savoir si elle est encore ouverte.
Ca tombe bien, elle l’est, et on lui dit donc “On arrive” (Il nous faut bien quatre minutes pour aller à pieds à la crêperie). En arrivant, on tombe sur le chouoinou Romain et le très sexe Arnaud (le serveur dont j’ai déjà parlé). Ils ont provisoirement abandonné leurs pouffes copines, qui discutent à l’intérieur, et sont en train de prendre l’apéro dehors. Ils me sautent immédiatement dessus (enfin au sens figuré, malheureusement).
J’ai en effet pris hier le bateau avec Romain, je l’ai choppé à la descente puisqu’il a fait la traversée à la timonerie, et on a fait le chemin ensemble jusqu’au port. On a eu le temps de discuter, puisqu’on a débarqué à la troisième cale, soit une petite dizaine de minutes de marche. J’aiguille la conversation sur la bateau, parle du zodiac devant lequel on passe justement à ce moment-là. Il me dit “Ha, il doit bien marcher, celui-là !”
Je lui réponds que oui, qu’on a mesuré la vitesse avec le GPS que j’emporte habituellement en avion, et il m’arrête “Comment ça, que tu emportes en avion ?” Du coup, je lui explique que je suis pilote privé, et bla bla. Il est enthousiaste : “C’est génial, il faudra m’emmener faire un tour !” Et pendant les 5 minutes qui nous reste avant de nous séparer, il me pose plein de question sur l’avion.
Bref, ce soir, quand il me voit arriver, il me saute dessus, il en a parlé à Arnaud qui a, lui aussi, très envie de s’envoyer en l’air avec moi. Ils ne nous lâche pas la grappe, et (c’est le comble !), pour une fois, c’est moi qui doit mettre fin à la conversation, parce qu’on nous attend à l’intérieur.
Je déguste ma galette et ma crêpe tout en matant Arnaud dans le reflet de la fenêtre, et après avoir salué nos amis, et payé, on part faire une petite balade digestive.
On passe devant la poste. La place du bourg est plongée dans l’obscurité et je dois sortir ma lampe de poche. On poursuit notre chemin, on passe devant un bar, et on continue sur le chemin. Il n’y a pas un bruit à part le léger cri cri des grillons. Le ciel est assez clair malgré quelques nuages, et on le ciel est plein d’étoiles. J’adore ce calme de la campagne, sans le moindre bruit de voiture…
La lampe de poche donne des signes de faiblesse, je l’éteins donc, et, entre deux reverbères (pas très nombreux), c’est à la seule et faible lueur de la lune qu’on avance sur les chemins. On arrive au pied de la chapelle Saint-Michel, et on grime jusqu’au sommet de la butte (112 mètres). Une faible lueur illumine doucement les vitraux : celle des bougies restées allumées.
De la haut, on distingue deux feux tournants : celui du sémaphore, et celui du phare du Paon, tout au nord de l’île nord. En face, sur le continent, les lumières de Lézar.drieux, et celle du château d’eau de Plou.bazlanec. Nous nous asseyons sur un des banc, à côté de la grande croix de pierre. Juste en dessous de nous, le moulin à marée, l’île Bé.niguet (propriété de la famille Mulliez), et, entre les deux, le Ker.pont.
Malgré l’obscurité, on distingue les ombres noires des îlots de l’archipel, quj se détache par rapport à l’eau, plus claire. Nous restons une dizaine de minutes à observer le panorama et à goûter le silence de la nuit, à peine troublé, ici aussi, par les grillons. Le clocher de l’église du bourg sonne dix coups. Nous repartons pour rentrer, avec un détour par le port, afin d’écouter le ressac des vagues qui viennent mourir sur la cale.
Putain, qu’est ce qu’on est bien ici !

xiii.net


















tous les étés de ma jeunesse! que de bons souvenirs!! et tous les endroits dont tu parles je les connais par coeur… merde tout d’un coup un peu de nostalgie… et mon premier boyfriend (je devais avoir 13-14 ans; nous nous retrouvions pour les vacances, comme dans la chanson….)sortir du bourg bien pété et redescendre vers le pont en voyant lequel irait le plus loin après la descente sans pédaler… le bruit de la dynamo… les premières clops, toutes les conneries qu’on fait, tout ça me rvient à la lecture d ton billet; merci pour cela ;D
Comment by higgins — 27/09/2006 @ 03:14:43
quel bonheur
Comment by fiuuu — 27/09/2006 @ 07:31:23
J’ai l’impression de vivre la même chose à quelques centaines de kilomètres, perdu dans notre petit village ardéchois, tranquilles, au calme, avec le crépuscule qui éclaire discrètement la garrigue environnante et projette l’ombre impressionnante des grands chênes et des acacias. Pas de bruit, rien que nous et le paysage. Qu’on est bien loin de toute agitation!
Comment by Lo — 27/09/2006 @ 08:48:55
Il y a des grillons en septembre en Bretagne ??
Comment by Tomdom — 27/09/2006 @ 10:21:00
Tomdom > Excellente question, qu’on s’est justement posée. Ca pourrait être quoi, qui fait cri cri cri comme ça ? Des sauterelles ?
Comment by XIII — 27/09/2006 @ 10:27:16
Tomdom & XIII -> Pas du tout, ce sont les korrigans. Ils font du bruits avec leur braguette…
Comment by sLeAbO — 27/09/2006 @ 11:08:56
c’est peut un lieu de drague … scriiiiiiiitch scriiiiiiiitch
Comment by fiuuu — 27/09/2006 @ 12:49:00
et apres ca tu trouves rien de mieux que regarder les nuages, les etoiles et ecouter les grillons…. c’est beau la poesie, mais le cul avec des petits heteros bourres c’est mieux
ahahahahaha !
Comment by brenig — 28/09/2006 @ 01:36:17