Ce mercredi, j’avais bougé ma table de travail. Contrairement à mon habitude,
j’étais dos à la fenêtre et à la mer, pour pouvoir suivre d’un oeil le déroulement des cérémonie, à la télé, tout en travaillant sur l’ordinateur.
La cérémonie à la cascade du bois de Boulogne était très belle. Pendant que la lycéenne lisait la lettre écrite par le jeune Guy Môquet à ses parents, à la veille de son exécution par les nazis, j’avais le texte sous les yeux. Plusieurs blogs l’ont publié, dont celui d’Embruns, de l’UMP ou encore d’Yves Jégo. C’est un très beau texte et à mon tour, je le mets en ligne ici :
“Ma petite maman chérie,
mon tout petit frère adoré,
mon petit papa aimé,
Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c’est d’être courageuse. Je le suis et je veux l’être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j’aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c’est que ma mort serve à quelque chose. Je n’ai pas eu le temps d’embrasser Jean. J’ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas ! J’espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui je l’escompte sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t’ai fait ainsi qu’à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j’ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m’as tracée.
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j’aime beaucoup. Qu’il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans 1/2, ma vie a été courte, je n’ai aucun regret, si ce n’est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c’est d’être courageuse et de surmonter ta peine.
Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon cœur d’enfant. Courage !
Votre Guy qui vous aime.
Guy.
Dernière pensée : Vous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir.”
Nicolas Sarkozy a essuyé une larme pendant la lecture, et, au début de son discours, est sorti du texte qu’il avait sous les yeux pour commencer en disant : “Je n’ai jamais pu lire ou écouter la lettre de Guy Môquet sans en être profondément bouleversé. Si j’ai tenu à faire ici ma première commémoration en tant que président, c’est parce que je crois qu’il est essentiel d’expliquer à nos enfants ce qu’est un jeune Français, à travers le sacrifice de quelques-uns, l’anonyme grandeur d’un homme qui se donne à cause plus grande que lui.”
Le président a ensuite su à la fois dénoncer la barbarie de ce crime (”Massacre inutile, absurde, à quelques jours seulement de la libération de Paris alors que tout est joué. Ce n’est pas un acte de guerre. C’est un meurtre perpétré de sang-froid, un acte de vengeance.“), rappeler le nécessaire devoir de transmission aux générations futures de ce que fut la grandeur de la Résistance, et insister sur l’importance de l’amitié franco-allemande depuis un demi-siècle (”Qu’il vous fasse comprendre pourquoi la réconciliation franco-allemande fut une sorte de miracle, et pourquoi rien jamais ne doit conduire à sacrifier l’amitié qui après tant d’épreuves lie désormais le peuple français et le peuple allemand.“) Et en l’écoutant, je me suis dit que mon billet sur la “gaffe” éétait à côté de la plaque.
Une chorale militaire a ensuite entonné le très beau Chant des Partisans… Oui, c’était une belle cérémonie, et un beau début au quinquennat de Nicolas Sarkozy.