Hier, j’ai passé une bonne partie de l’après-midi à la caserne afin de la faire visiter aux personnes intéressées, de faire monter les gamins dans les engins et éventuellement de vendre à leurs parents un sweat ou un coupe-vent (on a déjà vendu tous nos tee-shirts…)
C’est étonnant comme c’est facile de faire sourire un gamin jusqu’aux oreilles avec seulements quelques mots bien choisis : “Tu veux monter dans le camion de pompiers ?” Et c’est chouette de constater qu’on ne se lasse pas de faire sourire un gamin.
J’ai eu notamment un couple avec trois enfants, et le plus grand était vraiment fasciné. Il m’a posé plein de questions, il était ravi d’être au volant du camion, avec un casque sur la tête. Sa mère m’ayant précisé qu’il voulait être pompier, j’ai expliqué qu’il pouvait commencer la formation de jeune sapeur pompier dès 12 ans, et elle m’a dit “Ca tombe bien, il vient d’avoir 12 ans”. En partant, le gamin m’a serré la main en me disant “Merci beaucoup monsieur !” Et une fois sorti de la cour de la caserne, il s’est retourné et m’a lancé un dernier regard avec les yeux brillant d’excitation et d’admiration.
Ca m’a fait drôle, parce qu’une fois de plus j’ai constaté à quel point l’uniforme de pompier peut fasciner les petits (et les grands), symboliser des valeurs fortes et nobles, mais aussi parce que j’ai le sentiment de ne pas (pas encore en tous cas) mériter cette admiration, n’étant qu’un jeune pompier avec à peine six mois d’engagement derrière moi, dont quatre et demi seulement en service opérationnel. Mais je sais que ce regard admiratif sur l’uniforme que je porte ne m’est pas destiné à moi personnellement, mais au courage et au dévouement des 250 000 pompiers français (et de nos collègues étrangers), et je suis fier de porter cet uniforme et de contribuer, à mon modeste niveau, à cette image des pompiers.
Je le fais en apportant de mon mieux secours et réconfort aux victimes lors des interventions, mais aussi en étant présent, autant que possible, à la caserne, pour accueillir les visiteurs, répondre à toutes leurs questions, pour contribuer le mieux possible à l’image de gentillesse et der serviabilité des pompiers, et, last but not least, pour faire rêver les gamins, allumer des étoiles dans leurs yeux et, peut-être, pour contribuer à faire naître (ou à développer) chez eux une vocation. Et ça, ça vaut largement les longues heures de permanence et d’attente à la caserne, entre deux groupes de visiteurs…