16/08/2008

Après 12 ans de vie commune, au revoir Bouygues ! (Et bonjour Orange)

Filed under: General — XIII @ 17:19:46

En début d’après-midi, mon numéro de portable a été basculé de chez Bouygues Telecom à Orange. Pendant 8 jours, je me suis baladé avec deux portables dans les poches : mon iPhone tout neuf, avec sa carte SIM Orange et son numéro provisoire, et mon vieux téléphone avec la carte SIM BoT, sur lequel arrivaient les appels. Je vais pouvoir à nouveau n’avoir qu’un seul téléphone sur moi, ouf !

Un changement d’opérateur peut paraître anodin, mais pour moi ce n’est pas rien, pour deux raisons. La première, c’est parce que c’est la fin de près de 12 ans de fidélité à Bouygues Telecom, non stop. Depuis longtemps, je me suis intéressé à la téléphonie mobile. Quand j’étais ado, je découpais tous les articles sur le sujet, et je me rappelle bien de ceux qui présentaient les nouveaux modèles de téléphone portatifs, qui avaient le volume d’un petit jerrican, avec poignée au dessus pour transporter cet espèce de valise-téléphone, et le combiné accroché sur le dessus.

Quand j’avais une vingtaine d’années, il était impensable pour moi de prendre un téléphone mobile, vu les prix pratiqués à l’époque par SFR et France Télécom. On ne s’en rappelle pas forcément, mais il n’y avait pas de forfait, on payait à la minute, et au prix fort. Quand Bouygues est arrivé, j’étais évidemment super intéressé.

Le troisième opérateur s’est lancé en juin 1996, uniquement sur les environs immédiats de Paris. Malheureusement, de mi juin à mi-septembre, cette année là, entre la première et la deuxième année du CFJ, j’étais en stage en presse locale au havre (donc hors de la zone de couverture de Bouygues à l’époque). J’ai donc dû patienter jusqu’à fin septembre. Une fois rentré à Paris, j’ai pu m’abonner. BoT ne proposait alors que quatre téléphones différents. J’avais choisi le B400 (le plus cher, à 950 francs avec forfait), un gros Nokia que j’ai encore aujourd’hui (ci-dessous, pris en photo à côté de mon iPhone, et du petit Samsung que j’ai utilisé de 2004 à 2008.


B400 et iPhone

J’ai encore une bonne partie des documents commerciaux des premières années de Bouygues Tel. Comme le premier dépliant, daté de juin 1996, qui reprend en première page le slogan de l’époque “Téléphoner ne sera plus jamais comme avant”. BoT mettait en avant le concept de “téléphonie personnelle” et le fait que la techno DCS1800 permettait une bien meilleure réception en intérieur : “Avec Bouygues Telecom, vous pouvez téléphoner depuis l’intérieur de la plupart des bâtiments”.

A l’époque, les numéros de téléphone avaient encore 8 chiffres, et les numéros de portable ne commençaient pas par 06. Mon numéro était alors 02 45 48 33 (et s’était transformé en 06 60 45 48 33 quelques temps plus tard) (évitez de faire ce numéro, parce que ce n’est plus le mien. Si je suis resté 12 ans non stop chez Bouygues, j’ai changé de numéro pour profiter des meilleures conditions pour l’achat d’un nouveau téléphone, ce qui explique pourquoi je n’ai plus un numéro en 06 60 alors que je faisais partie des premiers abonnés…)

Le forfait était à 240 francs (36,50 euros) et permettait 3 heures d’appel… mais attention, uniquement à moins de 100 kilomètres ! Au delà de 100 km, c’était hors forfait, c’était 2 francs la minute en heures pleines, et 1 franc en heures creuses. Ca paraît fou, aujourd’hui, de faire payer un appel depuis un mobile en fonction de la distance, non ? :-)

A Noël 1996, Bouygues proposait un nouveau forfait, le “longue distance”. Pour 300 francs (45 euros), 4 heures d’appel partout en France, faisant ainsi disparaître (uniquement pour ce forfait) cette notion de plus ou moins de 100 km. En mars 1997, ce forfait se déclinait en trois version (2h à 175 francs, 3h à 240 francs, et 4h à 300 francs).

Bref, je suis resté fidèle à Bouygues, hésitant à les quitter quand SFR a lancé son forfait “à vie” avec appels illimités le soir et le week-end, alors que Bouygues ne proposait à ce moment là qu’un forfait avec appels illimités le WE, mais j’avais conservé mon abonnement Bouygues, ayant alors deux numéros, un BoT et un SFR, pendant quelques temps…

J’écrivais plus haut que ce changement d’opérateur n’était pas anodin pour moi, pour deux raisons. La première était donc ma longue histoire avec Bouygues, qui a pris fin ce midi après 12 ans. La seconde, c’était, au contraire, ma longue histoire d’inimitié avec France Telecom. Cette histoire là est encore plus vieille, puisqu’elle se termine aujourd’hui après 16 ans…

Comme beaucoup de ceux qui utilisaient déjà Internet de chez eux il y a plus de 10 ans (la problématique est différente pour ceux qui le faisaient sans payer, de leur boulot ou de leur université), j’ai assez vite développé une forte animosité contre France Telecom en raison de la façon dont l’opérateur historique s’est engraissé sur le dos des premiers internautes, en tardant à proposer des forfaits spécifiques à Internet. De 1995 à 1998, pendant mes trois premières années d’utilisation du Net, j’habitais chez mes parents, et c’était l’engueulade assurée tous les deux mois quand tombait la facture FT… Quand je me suis installé à Paris (quand j’ai commencé à bosser), j’ai continuer à engraisser France Telecom, jusqu’au mois béni de février 1999 où j’ai obtenu ma connexion Internet par câble (grâce à Cybercable, à l’époque). Depuis ce jour, j’ai arrêté de payer FT pour mon utilisation du Net, et dès que j’ai pu, j’ai arrêté aussi mon abonnement téléphonique.

Avant même de me payer mon premier abonnement à Internet (en 1995, donc, chez Imaginet), j’ai donné pas mal d’argent à France Telecom. A la rentrée 1992, en effet, je me suis installé dans un petit studio à Grenoble, où je faisais l’Institut d’Etudes Politiques. Et j’ai aussitôt récupéré un minitel afin de satisfaire, non pas les besoins de mes hormones, mais mon besoin de dialogue avec d’autres pédés…(Bon, certes, après j’ai utilisé le minitel pour faire des rencontres. Mais pendant des mois, c’était uniquement pour parler (et d’ailleurs, je ne contactais que des mecs en dehors de mon département pour éviter qu’ils ne me proposent une rencontre). Et c’est bien parce que les discussions duraient que j’ai eu des factures énormes… Je me souviens notamment d’une que j’ai dû payer en deux fois, vu son montant…

Bref, entre le minitel, de 1992 à 1995, et Internet avant le câble, de 1995 à 1999, j’ai (et mes parents ont, même si j’en payais une partie) donné *beaucoup* d’argent à France Telecom. Ce qui explique pourquoi je n’ai jamais envisagé l’éventualité de m’abonner à FT, puis Orange, pour la téléphonie mobile. BoT, oui, SFR, oui, mais Orange, certainement pas ! Il a donc fallu l’iPhone pour que je change d’avis (et puis, après 16 ans de fâcheries, et près de 10 ans après la fin des factures à rallonge, il devient raisonnable de changer d’avis, non ?)

Me voilà donc chez Orange… pour quelques temps au moins. Le temps dira si j’y resterai, ou si je reviendrai, dans un an ou deux, vers Bouygues ou SFR…

(Il y a un truc marrant quand même… Quand on m’appelle sur mon numéro, c’est l’iPhone qui sonne. Mais mon vieux portable avec la carte SIM Bouygues fonctionne encore, et quand j’appelle sur mon fixe, c’est mon numéro de portable qui s’affiche. Et quand j’appelle le fixe avec l’iPhone, c’est aussi mon numéro de portable qui s’affiche… Et, encore plus fort, quand j’appelle mon iPhone sur mon numéro de portable avec mon vieux mobile, l’iPhone sonne et affiche comme numéro d’appelant… son propre numéro !)

9 Comments »

  1. Très joli billet “nostalgie”. J’ai moi aussi connu l’époque bénie des factures France Telecom exhorbitantes avec Internet. A l’époque, un ami chez Infonie (FAI décédé) m’avait ouvert un compte de connexion “gratuite”, de décompte téléphonique à la minute. Je n’en avais pas parlé à mes parents car je savais pertinemment que je restais des heures et des heures. Je me souviendrai toujours de ma première nuit entière connecté sur le net, jeune pédé que j’étais… Mémorable… La facture deux mois plus tard le serait aussi : quelque chose comme 3500 F (soit 380 euros). Gloups.

    Tous les deux mois, c’était la même rengaine et la même horreur : l’angoisse de la putain de facture téléphonique, et les engueulades qui allaient avec pour mes parents… J’en ai payées quelques unes, d’ailleurs. Ma mère en était même arrivée au point de vouloir résilier notre abonnement téléphonique pour ne conserver qu’un téléphone portable car elle en avait marre de payer autant…

    Et puis, après être passé rapidement par une option de France Telecom qui m’échappe (et qui permettait une réduction sur un numéro de téléphone de son choix, consacré à la connexion à Internet), l’époque heureuse de l’ADSL est arrivé avec Netissimo 1. 80 euros par mois (gloups, le vol !) mais tellement moins qu’une facture avec connexion classique ! Toujours avec la facture France Telecom en plus… Puis migration vers Wanadoo pour ceux qui souhaitaient “abandonner” France Telecom pour “le provider issus de France Telecom, qui est France Telecom mais qui ne l’est pas vraiment” (et passer de 80 euros à 45 euros par mois pour l’ADSL pour la prestation identique : merci de nous avoir volés pendant autant de temps). Et finalement, passage à Free il y a quelques années lors des premiers dégroupages français, dont les premiers NRA étaient apparu dans le Sud-Est (peu de temps après des villes de test comme Aix-en-Provence).

    Fait amusant : la souscription à Netissimo 1 réclamait à l’époque une intervention de France Telecom sur la ligne téléphonique par un technicien (pour 700 F de frais de déplacement, allez on paye, ouaaaais). Celui-ci avait changé un bout de ligne téléphonique (abîmé apparemment) en faisant d’ailleurs une magnifique connexion sous un radiateur qu’il avait oubliée de dissimuler avec un cache (encore aujourd’hui, France Telecom ne s’étant jamais bougé le c** malgré les appels répétés jusqu’au dégroupage, les fils de couleur pendant lamentablement reliés les uns aux autres sous mon radiateur). Plus fort encore : le technicien a fixé l’énorme filtre ADSL au mur de manière quasi-définitive (impossible de l’en déloger), directement connecté au fil. Résultat : encore aujourd’hui avec leur Freebox, mes parents sont obligés d’utiliser ce filtre spécifique avec un câble RJ45 / Ethernet qui en sort pour le relier au modem. Pas gênant en soi pour le moment mais troublant.

    Bref… Souvenirs, souvenirs ! Merci pour ce moment “à mon époque”, Treizounet ! Cela ne nous rajeunit pas, hein, ma vieille ? :-D

    Comment by Arnaud Seldon — 16/08/2008 @ 20:44:30

  2. Est-ce que la réception est meilleure avec Orange qu’avec BT sur l’ile quand tu es chez toi ?

    Comment by 1loup — 17/08/2008 @ 09:12:34

  3. Tu vas finir chez Free pour l’Internet à ce rythme là (private joke ;-) )
    Ton billet m’a fait sourire, ça m’a rappelé des souvenirs (même si je suis bien plus jeune que toi ;-p )

    Comment by Gregoo — 17/08/2008 @ 22:43:41

  4. 1loup > J’ai pas encore beaucoup téléphone avec, donc je ne peux pas trop te dire pour le moment. Je te dirai ça plus tard !

    Gregoo > Je me doutais qu’Antoine ou toi alliez me dire un truc de ce genre… :-) Ce n’est pas impossible en effet. Mon mari utilise Free (sur mes conseils), c’est un premier pas :-)

    Comment by XIII — 17/08/2008 @ 23:12:38

  5. Très chouette billet.

    Je suis un peu jeune pour avoir eu un portable dès 1996, mais je me souviens des démonstrations de mon père avec son “GSM” en… 1992 ? 1994 ?

    Aussi, heureux possesseur d’un iPhone, j’ai écrit un billet dessus, et deux trois astuces, si ça t’intéresse…

    http://kevinbongart.net/blog/2008/08/14/iphone-tips-modem-push/

    J’ai vu aussi que tu suivais mon Twitter… ben, du coup, je suis le tiens, mais je vois pas trop comment tu en est arrivé là. :-)

    Comment by Kevin — 18/08/2008 @ 17:49:42

  6. j ai un 06 61 …. et était longtemps chez BT :)

    Comment by fiuuu — 18/08/2008 @ 19:15:43

  7. Le B400, mais oui j’ai eu le même. Je l’ai conservé également (.. en stockage chez mes parents à la campagne). 300g au bas mot, mais hyper solide. Le nombre de fois où il arrivait avant moi sur le quai du métro le matin …. lol Et hop je rassemblais les 3 morceaux et c’était reparti comme en 14.

    C’était aussi la période où quand tu téléphonais, dans une petite ville de province, tous les regards se portaient vers toi.

    Comment by Gilles — 19/08/2008 @ 03:30:00

  8. Radiocom 2000 ne quittez pas, nous recherchons votre correspondant….
    Radiocom 2000 ne quittez pas, nous recherchons votre correspondant….
    Radiocom 2000 ne quittez pas nouVotre correspondant ne peut être joint, merci de renouveler votre appel.

    Comment by Dominique — 20/08/2008 @ 16:54:47

  9. Parce que j’ai une un Bi-Bop avant de signer NON STOP chez BoT depuis 12 ans….

    Comment by ekkooo — 20/08/2008 @ 21:07:41

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