Quand le Figaro Magazine recadre une photo de Sarko, et quand le Figaro parle correctement d’un incident aérien
A lire dans Bakchich, un article qui montre qu’alors que Le Figaro a publié, dans son article du 21 août dernier, la photo de Nicolas Sarkozy, en Afghanistan, les mains dans les poches face à un soldat en pleurs (celle là même qui m’avait choqué), Le Figaro Magazine, deux jours plus tard, publie la même photo, mais recadrée de façon à ce qu’on ne voit pas que notre président a les mains dans les poches…
Dans Le Figaro, toujours, le très bon article de Thierry Vigoureux (journaliste, mais aussi pilote privé d’avion) à propos de l’incident qui a concerné un avion de Ryanair qui a fait une descente d’urgence suite à une dépressurisation. Là où des crétins de journalistes parlent de “chute”, ou que certains médias prennent pour paroles d’experts des témoignages de passagers qui vont expliquer que l’avion était en perdition, dans une chute incontrôlée, le journaliste du Figaro explique fort pédagogiquement :
“Une dépressurisation soudaine dans la cabine a en effet contraint l’appareil de la compagnie irlandaise à bas coût Ryanair à se dérouter lundi soir vers 23h30 sur Limoges, l’aéroport ouvert de nuit le plus proche de sa route.
Le pilote a alors effectué la procédure dite de « descente d’urgence » : l’avion peut perdre jusqu’à 2 000 mètres de hauteur par minute. Objectif : rejoindre le plus vite possible l’altitude de 4 000 mètres, là où la quantité d’oxygène dans l’air est suffisante pour respirer normalement. Cette descente n’est pas une « chute » mais est parfaitement contrôlée par l’équipage qui s’y entraine régulièrement en simulateur.
Dans le cas d’une dépressurisation, les consignes à suivre par les pilotes sont d’abord de s’équiper de leurs masques à oxygène. Ceci pour éviter qu’ils soient eux-mêmes victimes d’hypoxie les rendant inaptes au pilotage. Puis la descente est conduite en respectant la vitesse maximale de Mach 0.82 (environ 900 km/h), celle qui ne met pas en danger la structure du Boeing 737. Aérofreins, éventuellement train d’atterrissage sont sortis pour ralentir la vitesse tout en augmentant le taux de chute. L’angle pris par la cabine de l’avion peut être impressionnant. Les masques à oxygène tombent du plafond. Ceux-ci sont prévus pour fonctionner quinze minutes, soit plus de deux fois le temps nécessaire pour rejoindre une altitude « respirable ». La température peut descendre dans la cabine car la climatisation n’est plus suffisante. Mais l’avion met généralement moins de cinq minutes pour descendre de son altitude de croisière à celle où oxygène et température sont acceptables pour les passagers. En revanche, le taux de descente peut provoquer des traumatismes à l’oreille et au tympan plus ou moins sensibles selon les individus.”

xiii.net


















Très intéressant, merci pour cet éclairage.
Comment by Arnaud Seldon — 27/08/2008 @ 08:13:50
Descente rapide et silencieuse de l’avion car j’habite presque sous son trajet et je n’ai rien entendu du tout!
Comment by zeus_antares — 29/08/2008 @ 11:23:58
Concernant le vol ryanair, j’ai vu tout et n’importe quoi dans la presse (notamment des passagers qui “criaient” alors que il régnait plutôt le silence chacun se demandant se qui se passait), et effectivement, ce que décrit le Figaro est bien ce qui s’est passé durant le vol. Le seul petit bémol : les masques à oxygène fonctionnaient-ils correctement. Pour le mien par exemple, la poche plastique est restée plate, les deux parois collées. Il me semble que cette poche aurait du se gonfler, même légèrement s’il y avait eu un afflux d’air.
Comment by Lo — 29/08/2008 @ 16:41:54