7 ans - 7 ans = zéro ?
Drôle d’histoire que celle de Marc Machin, sorti de prison en octobre dernier après avoir passé 7 ans en prison pour un meurtre qu’il n’a pas commis, et qui vient de retourner en prison pour le viol d’une jeune femme, pour lequel il risque 7 ans de prison.
S’il est condamné pour ce viol, et si la commission de révision décide de son innocence dans le meurtre, les années qu’il a passées en prison pour un crime qu’il n’a pas commis pourraient-ils servir à purger la peine à laquelle il sera condamné pour le viol ?

xiii.net







Il a peut-être de bonnes raisons pour retourner en prison ? Il y a pris goût ? Peut-être qu’il avait un très bon co-détenu ?
Comment by Antoine — 18/06/2009 @ 12:24:58
Je trouverais un peu étrange que son séjour en prison serve à purger la peine à laquelle il sera condamné… Ce sont deux affaires distinctes! L’une n’a pas à compenser l’autre. Et je doute que la victime du viol soit d’accord avec cette idée…
Comment by angelhope — 18/06/2009 @ 18:27:30
Ça tombe bien, ce n’est pas la victime qui décide de la peine. On parle de justice, pas de vangeance.
Comment by Celui — 18/06/2009 @ 19:04:08
Antoine > Tssss…
angelhope > Ce sont deux affaires distinctes et ça ne plairait pas à la victime, certes. Mais dans les affaires de personnes emprisonnées des années sans raison, RIEN ne peut réparer ces années derrière les barreaux. Sauf… si elles viennent en déduction d’une peine ultérieure. Donc quelque part, ça serait logique.
Comment by XIII — 18/06/2009 @ 19:14:17
Je pense qu’il est nécessaire de l’indemniser pour le temps qu’il a passé en prison pour un crime qu’il n’a pas commis. J’ai du mal à considérer que le temps passé en prison pourrait servir à purger la peine à laquelle il pourrait être condamné. Cela reviendrait en quelque sorte à ce que son indemnisation prenne la forme de faire un crime “payé d’avance”. En revanche sa condamnation à tort justifierait de retenir des circonstances atténuantes dans le jugement du viol.
Comment by Simon — 18/06/2009 @ 23:55:43
XIII> Reste à déterminer sur une peine de prison doit être considéré comme une “punition” ou comme une “occasion”. Cette dernière devant être saisie comme une occasion de se réhabiliter socialement.
Si la peine n’est que punition, alors les premiers 7 ans pourraient abstraitement servir de punition pour le viol commis après la première sortie de prison.
Si la peine est (aussi) réinsertion, alors dans ce cas la rétro(post-?)activité ne s’applique pas puisque le viol commis n’aura pas connu de période de réhabilitation devant se manifester après l’acte.
Quoi qu’il en soit, même en cas de punition stricte, la société ne pourrait en aucune façon autoriser une telle opération 7-7=0 car cela reviendrait à établir qu’un séjour en prison par erreur excuserait des actes répréhensibles postérieurs à cet internement. On pourrait alors imaginer des braquages de banque, de petits larcins, des escroqueries, qu’on pourrait organiser en toute quiétude du moment qu’on aurait fait de la prison “par erreur” de justice.
Dans tous les cas, si ce Marc Machin existe véritablement (je n’ai pas bien suivi l’actualité dernièrement !), cela implique que la prison ne parvient en aucune façon à faire d’individus des citoyens modèles mais plutôt le contraire. Pire : elle créerait même un nouveau type de criminel : le récidiviste (et ici, le “cidiviste” tout court, si j’ose dire). Relire alors “Surveiller et Punir” de Michel Foucault.
Comment by Arnaud Seldon — 19/06/2009 @ 01:40:37